‹ Reynolds, discours sur la PeintureChapitre 225 sur 302 · CARMES DÉCHAUSSÉS · texte numérisé non relu

CARMES DÉCHAUSSÉS

RuBEns. — Au maïître-autel, l’Assomption *, par Rubens. La principale figure, la Vierge, est la plus mauvaise de toute la composition, tant pour le caractère que pour la physionomie, pour le dessin de tout le corps et même pour le coloris; car elle n’est pas vêtue dans le genre ordinairement observé pour la Vierge, c’est-à-dire de bleu et de rouge, mais tout entière d’un bleu gris avec des rehauts de blanc, qui, venant contre une gloire blanche, rend sourde cette partie de la peinture. Les apôtres et les deux femmes sont dans la meilleure manière de Rubens ; le coloris des anges est beau eten parfaite harmonie avec le ciel; les masses de lumière et d'ombre sont réglées avec un jugement parfait ; et si l’on en excepte le haut où est la Vierge, c’est une des plus riches peintures de Rubens.

Copies D'APRÈS RuBENs. — Il y a par l’église d'assez bonnes copies qui font en tout dix peintures, d’après le grand ouvrage de Rubens, le Triomphe de l’Église. Les originaux ont péri par le feu, quand le palais du prince* fut brûlé en 1731.

RUBENS. — A gauche du maître-autel, le Christ et Sainte Thérèse avec deux anges; un la soutient, et l’autre présente une flèche ardente à son sein; ni l’un ni l’autre ne sont très angéliques ; la tête de la sainte est bien dessinée et bien peinte; le Christ est également d’un bon dessin pour Rubens; mais l'effet en est un peu dur, ce qui vient d’un trop grand fini; ce tableau est poli comme l'émail, ce qui en ôte la légèreté sensible dans ses autres ouvrages : celui-ci n’est certainement pas de sa bonne manière, quoiqu'il semble lui avoir coûté beaucoup de travail.

Dans la sacristie est un beau portrait par Rubens.

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