L'ÉGLISE DES JACOBINES
Vanpyck. — Au grand autel, un Crucifiement, par Vandyck !. Sainte Rosalie aux pieds du Christ, et saint Dominique. Une lampe sépulcrale et un flambeau renversé indiquent que le Christ est mort; deux petits anges se tiennent d’un côté de la croix, et un plus grand ange dans le bas. Les deux petits anges ressemblent à des embryons, et font mauvais effet, et le orand ange n’est pas aussi bien peint que plusieurs autres parties du tableau. Les ombres sont trop rouges et les mèches
1, Maintenant au musée de la ville, n° 4or du catalogue.
de cheveux sont toutes peintes dans une manière dure et pesante. Mais tous ces défauts sont amplement rachetés par le Christ, qui est admirablement dessiné et colorié, et par la largeur de lumière ménagée sur tout le corps avec la plus grande adresse, en même temps que toutes les parties en sont distinctement marquées. La forme et le caractère sont d’une espèce plus élégante que ceux qu’on voit communément chez Rubens.
L'idée de faire fermer les yeux à sainte Rosalie est bien imaginée, et donne une expression aussi rare que délicate à cette figure.
L'économie du clair-obscur de ce tableau mérite également l'attention d’un peintre. Pour conserver une belle forme à la principale masse de lumière constituée par le corps du Christ, la tête est maintenue dans la demi-teinte. La robe de saint Dominique et l’ange forment la seconde masse, et la tête de sainte Rosalie, sa guimpe et son bras la troisième.
On dit que l’esquisse de ce tableau se conserve dans le couvent, mais il ne m'a pas été possible de le voir. Une gravure par Bolswert.