L'ÉGLISE DES JACOBINS
Rugens. — L'autel du chœur est peint par Rubens. Le sujet est le même que celui que j’ai décrit dans l’église des Récollets à Gand* : le Christ lançant la foudre sur le monde, la Vierge intercédant ; au-dessous plusieurs saints et saintes, des évêques et des cardinaux. Rubens prit le goût des allégories de son maître Otho Venius; mais on peut demander si de pareilles fantaisies ne sont pas déplacées dans une église chrétienne. Saint Francois est ici comme à Gand la meilleure tête. Ce tableau a beaucoup souffert, et saint Sébastien en particulier a été repeint par quelque ignorant; le ciel de même a été mal réparé. Dieu le Père, qui s'appuie sur un globe, a quelque chose de majestueux dans l'attitude.
1. Non pas, mais par Abraham De Vries, dont on vient de découvrir Le monogramme sur le panneau (avec la date de 1635). Ce tableau est au musée d'Anvers, et le musée de Lyon en possède une réplique.
2, Maintenant au musée de la ville, n° 282, 283 du catalogue.
3. Il en diffère beaucoup par la composition. Conservé au Musée de Lyon, n° 36r du catalogue.
Un Concile composé de saints, de papes, de cardinaux et d’évèques, par Rubens ; le même sujet que celui de Raphaël au Vatican, connu sous le nom de Dispute du Saint-Sacrement. Dieu le Père est représenté seul dans le ciel, à distance, de petits anges tenant des écriteaux. Gravé par Snyers. Le ciel a été mal repeint et n’est pas en harmonie avec le reste de l'ouvrage. Tout le tableau du reste paraît avoir souffert, car il n’a pas ce brillant auquel on pourrait s'attendre, ni aucun caractère de tête extraordinaire. La meilleure est celle qui vient immédiatement derrière les évêques sur le devant du tableau.
VANDYCKk. — Sur un autel à à l’entréé du chœur, un Portement de Croix, qu’on dit être un des premiers tableaux de Vandyck‘. Il ressemble dans beaucoup de parties à un Rubens, en particulier la figure qui tourne le dos au SPA GIERS et qui est bien dessinée. R |
La draperie du Christ, qui est sombre, Sais ste Lou du temps, ne se voit presque pas du tout; de sorte que la tête a l’air du voile de sainte Véronique. La peinture est beaucoup craquée, surtout dans la draperie bleue de la Vierge, et dans le dos nu de la susdite figure. Une gravure par Alexandre Voet.
CARAVAGE. — L’autel de la chapelle Saint-Dominique?; une peinture noire par le Caravage : la Vierge et l'Enfant Jésus avec Saint Dominique et d’autres Saints.
Dans l’église sont représentés les Mystères de Sainte Rosalie et autres sujets, peints par différents maîtres. Les meilleurs sont ceux de Rubens et de Jordaens. Celui de la Flagellation est de Rubens. La vue de ce tableau est désagréable, quoiqu'il soit admirablement bien peint : les balafres noires et sanglantes sont rendues avec trop de vérité; et quelques-unes des figures frappent bizarrement de la main gauche. Une |‘
vure par Pontius.
JORDAENS.— Le tableau de Jordaens est le Crucifiement avec
1. Transporté maintenant dans le bas-côté de gauche, au-dessus des con-
fessionnaux.
2. Maintenant au musée Impérial de Vienne, n° 496. Une copie en tient ici la
place.
À Photo Hermans.