PRÉFACE AU ROI
Le progrès naturel d'une société polie va du nécessaire à la commodité et de la commodité à l’ornement. L'Angleterre a reçu des Rois, vos illustres prédécesseurs, des ateliers pour les manufactures et des collèges pour les sciences; mais quant aux arts d'ornement, à ceux par qui l’industrie s’embellit et par qui la science se rafline, il était réservé à Votre, Majesté de fonder une Académie en leur faveur‘.
Si un tel patronage füt resté sans effet, il aurait fallu croire que la nature s’oppose par quelque obstacle insurmontable à notre avancement dans Îles arts ; mais le progrès qu'on remarque dans chacune des expositions annuelles que Votre Majesté a daigné encourager”, montre qu'un pareil encouragement avait seul manqué jusque-là.
Donner des conseils à ceux qui rivalisent pour se rendre dignes des libéralités royales, a été pendant plusieurs années les devoirs de ma fonction dans cette Académie*, Je supplie Votre Majesté d’agréer l’hommage des discours composés à cette occasion, comme celui d’un sincère effort qui ne tend qu’à entretenir l’émulation allumée par sa sollicitude, et à diriger les études récompensées par sa bonté. Puissent-ils ne pas déplaire à Votre Majesté.
De Votre Majesté le très obéissant serviteur et très fidèle sujet,
Josué REYNOLDS.
5 Sur la fondation de l'Académie Royale d'Angleterre, voir p. 24.
3. La première de ces expositions eut lieu le 21 avril 1760. Les peintres d'eux-mêmes s’en’ étaient avisés comme d’un premier essai de relèvement des arts. L'Académie en se fondant leur imposa des règles définitives.