I. — Le Witwatersrand
es minerais aurifères exploités au Witwatersrand d'une nature toute spéciale, complètement diETée de celle des filons et venues aurifères que l'on laissait auparavant. Ce sont des couches de conglo-
mérats très régulières, ayant Tapparence d'alluvions, avec des galets roulés de quartz, mais dont rensemble est devenu aussi dur et aussi compact que le roc solide. On y distingue parfaitement les galets du ciment pyriteux et chloriteux qui les relie, et dans lequel se trouve For; c'est cette apparence qui leur a fait donner par les Hollandais le nom de banket, qui est une sorte de gâteau aux amandes, ces amandes étant figurées par les galets quartzeux.
Ce qui constitue la valeur, unique dans Thistoire des mines dW, des conglomérats du Rand, c'est leur régularité comme étendue en longueur et en profondeur, et comme teneur en or. Cette régularité est telle qu'on a pu les assimiler à des couches de charbon, estimer et cuber leur richesse future, et même traiter en bien des cas leur exploitation comme celle des couches de houille. Les mineurs du Rand ont donc rencontré dans ce genre de filons toutes les facilités réunies pour les exploiter économiquement : la teneur régu* Hère, ne laissant pas d'aléa et permettant les prévi* sions éloignées; l'inclinaison moyenne la plus favorable; la solidité des roches encaissantes, supprimant les boisages dispendieux dans un pays où il n'y a pas de bois; l'absence d'infiltrations aurifères importantes; l'altitude élevée, permettant Texploitation aux grandes profondeurs, sans grande augmentation de chaleur; au point de vue des traitements des minerais,
le voisinage iimnédiat d'immenses couches de hoaille fournissant la force motrice à bas prix, condition nécessaire avec des minerais qui ne sont pas en général très riches; enfin la salubrité d*un climat magnifique, qui n'a pas été le moindre facteur du développement extraordinaire des mines d'or du Raud. Bien d'autres conditions d'un ordre plus technique se sont rencontrées encore, qui toutes ont contribué à rendre l'exploitation de ces mines la plus intensive et la plus économique, malgré le prix élevé de la vie dans un pays nouveau si éloigné des côtes.
Nous ne pouvons songera décrire toutes ces mines, cela nous entraînerait beaucoup trop loin; nous ne pouvons faire qu'une rapide exposition des principales parties du Rand.
Le Rand peut être divisé en cinq sections : les Randfonteinjusqu'au Champ d'or; les Roodepoort jusqu'aux Langlaagtes; la section centrale du Rand, la plus riche, de Langlaagte Estate à Witwatersraud, l'ancienne Knight's; l'East Rand depuis Balmoral; enfin Modderfontein, à qui nous rattacherons Rietfontein.
La section de Randfontein comprend d'abord cinq mines de ce nom qui toutes possèdent le même reef ou couche aurifère, très mince et très redressé. Ces mines sont sur la limite d'être payables, selon le mot anglais qui exprime avec précision l'idée d'une exploitation rémunératrice.
Ensuite, aux West Rand Mines, ces reefs sont beaucoup plus disloqués, sans être plus riches.
A York et à Lancaster, la zone s'améliore un peu, et ces deux mines possèdent un minerai exploitable, même dans les conditions actuelles, tandis qu'à Luipaardsvlei on retombe dans une région bouleversée.
Le Champ d'or et son deep level, leFrench Rand, possèdent la meilleure zone de cette première section du Rand.
La seconde section, de Roodepoort à Langlaagte Estate, comprend une série de mines voisines de la limite d'exploitabilité, et dont la plupart, pour cette raison, n'ont pas encore donné de résultats satisfaisants, mais pourront en donner dès que les conditions du Rand s'amélioreront. Ce sont les suivantes : Banket, Princess, Roodepoort, United avec Durban Roodepoort, les seules du groupe ayant donné des dividendes; Kimberley Roodepoort, Vogelstruis, Bantjes, les Aurora, New Unified, Main reef Consolidated, Langlaagte Star, New Croesus, Block B, Langlaagte United, qui commence à donner de bons résultats, grâce à une direction économique française qui a remplacé l'ancienne direction; Paarl Central qui a également donné des espérances ; Langlaagte Royal enGn, où les reefs sont très bouleversés.
Nous arrivons à la plus riche section du Rand, dont
toutes les miues ont payé, ou payent des dividendes ; quelques-unes ont déjà remboursé dix et quinze fois leur capital initial.
Ce groupe extraordinaire et unique au monde comprend les mines suivantes : Langlaagte Estate, Crown Reef, Pioneer, Bonanza, Robinson, Worcester, Ferreira, Wemmer, Salisbury, Jubilee, Village, City and Surburban, Meyer et CbarUon, Wolhuter, Spes Bona, George Goch, Henry Nourse, New Heriot, Jumpers, Treasury, Geldenhuis Estate, Geldenhuis Itfain reef, Stanhope, Simmer et Jack, New Primrose, May Consolidated, Glencairn, et Witwatersrand, ancienne Knighfs.
Ce sont les deeps levels de ce groupe de mines, avec ceux de TEast Rand, qui constituent Tavenir de Johannesburg. Ces deeps appartiennent à deux puissantes compagnies : les Rand Mines et les Consolidated Goldsfields. Les sondages Bezuidenville, Victoria, etc., les puits de Robinson deep, ont démontré la présence des reefs aurifères à dix-huit cents mètres de distance horizontale des affleurements et à mille mètres de profondeur verticale. Rien n*empéche d'espérer qu'ils seront exploitables à une bien plus grande distance, puisque leur inclinaison tend à devenir horizontale en profondeur et que leur richesse se maintient sur près de vingt kilomètres de longueur, et à deux mille mètres de distance de leur affleurement. En outre, comme
Dous TavoDS dit, ils seront cerlaiuement exploitables pratiquement à des profondeurs plus considérables que dans n'importe quelle autre région minière : aucun des obstacles des grandes profondeurs, ni Teau, ni la chaleur, ni les éboulements, ne seront à craindre dans les roches aurifères du Rand.
Ces deeps ievels s'appellent Langlaagte deep, Crown deep, Robinson deep, Ferreira deep, Village deep, Nourse deep, Jumpers deep, Geldenhuis deep, Jupiter, Simmer West, Rand Victoria, SimmerEast, Rose deep, et Glen deep, enfin Knight's deep et Knighf s Central sur les deeps de Witwatersrand.
D'autres deeps, la seconde rangée, leur succéderont sans doute, les South Rand mines, Booysen Estate, BezuidenvilleCity deep, peut-être même Mooifontein^etc, tous appartenant aux mêmes compagnies, Rand Mines ou Consolidated Goldfields.
La quatrième section du Rand entre depuis cette année 1897 dans Tère des dividendes, c'est-à-dire qu'elle commence à être exploitée régulièrement et avec profit; elle comprend les mines suivantes, sur deux reefs parallèles distants de deux à trois cents mètres : Witwatersrand deep, Balmoral, Ginsberg, Driefontein, Angelo et New Comet; ces trois dernières avec leurs deeps appartiennent à une puissante compagnie, l'East Rand, qui joue dans cette région le rôle des Randfontein dans l'ouest du Rand. Il y a encore
264 RHODÉSIE ET TRAKSVAAL.
trois autres mines dans i'EastRand, mais elles sont si mal et surtout si défavorablement connues à présent que Ton n'a guère le droit de compter sur elles, avant que les conditions de la main-d'œuvre dans le Rand s'améliorent considérablement. Ce sont Agnès Munro, Cinderella et Blue Sky.
II ne nous reste plus que la dernière section du Rand, celle de Modderfonteio, séparée de la précédente par de grands rejets des terrains aurifères. Nous y comprenons Rietfontein, parce que cette mine parait exploiter simplement le lambeau écarté qui fait défaut dans la série du Rand, après TEast Rand, et qui est recouvert par le terrain houiller. Pans ce groupe de mines, il n'y en a que deux qui possèdent des reefs continus et réguliers : Klcinfontcin et les Van Ryn; les autres n'ont que des zones plus ou moins riches et travaillent irrégulièrement; ce sont les Rietfontein, New Chimes, Modderfontein, Chimes West, Benoni, Apex. Les deeps principaux sont Modderfontein et Kleinfontein Central, et, comme tels, pourront arriver à devenir exploitables, sauf appauvrissement en profondeur.
Telles sont les mines du Rand. Nous ne parlerons pas des autres reefs reconnus qui n'ont donné que des résultats temporaires, mais dont plusieurs pourront peut-ôtre être repris avec avantage lorsque les conditions du Rand s'amélioreront. Il faut citer, dans
ces groupes, les mines Violet, Rip, etc., Windsor Luipaardsvlei, quiacesséde travailler depuis plusieurs années, enfin New Midas, Marie-Louise, etc.
Comme complément du Rand, il faut mentionner les deux districts de Heidelberg et de Klerksdorp, qui ont causé de grandes déceptions ces dernières années, mais où un certain nombre de mines pourront cependant devenir exploitables. A ces districts appartiennent les mines Nigel, Buffelsdoorn, Eastleigh, etc., pour ne citer que les plus connues.
En terminant cette revue rapide du Rand, nous ne pouvons mieux faire que rappeler les opinions de Hays Hammond et du professor Becker, au sujet de Texploitabilité des reefs du Rand aux grandes profondeurs, jusqu'à seize cents mètres. Les accidents seront moins nombreux, la teneur ne semble pas diminuer, la tem pérature croit moins rapidement que dans les autres pays d'Europe et d'Amérique, le charbon baissera de prix, la machinerie sera meilleure et plus économique, le travail sera réparti sur une plus large échelle, le traitement des slimes ou résidus boueux des usines, récemment introduit, assure un supplément de profit. Même le travail en chantiers voisins de Thorizontale ne sera pas un inconvénient, car dans plusieurs mines il a été déjà pratiqué sans augmentation appréciable des frais d'exploitation.
La récente enquête faite à Johannesburg par la
Commission indastrielle a abouti à un rapport concluant énergiquement à la nécessité d'abaisser les tarifs qui grèvent lourdement Tindustrie minière et les conditions de la vie à Johannesburg. Il y a eu une si grande abondance et concordance des documents présentés, et le gouvernement boer, qui a pris Tinitiative de cette commission, a donné des preuves telles de sa bonne volonté, qu'il y a tout lieu d'espérer une nouvelle ère de prospérité pour le Rand, dépassant tout ce qui s'est passé jusqu'à présent.
D'autres motifs encore viennent poser comme une nécessité le développement agricole du Transvaal pour rendre les conditions de la vie au Rand plus abordables et semblables à celles des autres pays de mines d'or, comme le Canada et les Etals-Unis. C'est d'abord la surabondance de main-d'œuvre blanche, par l'arrivée d'une quantité d^ouvriers de tous pays qui ont cru trouver, dès leur arrivée, des emplois rémunérateurs à Johannesburg, et se sont heurtés à un encombrement de toutes les situations. C'est ensuite la famine qui a désolé une partie du Transvaal, à la suite des ravages de la peste bovine. Le journal boer Volksstem a pris l'initiative de demander que les fils des Boers apprennent le métier de mineur dans des écoles instituées dans ce but, et soient employés par l'industrie minière; ce fait est significatif, car jusqu'à présent les jeunes Boers ne voyaient pas autre chose que la vie
des champs et la seule culture de ce qui était nécessaire à leur subsistance, ne souhaitant que jouir du repos et du soleil, sans souci du reste, un peu comme les Cafres.
C'est encore Temploi de plus en plus courant des perforatrices à air comprimé ou électriques, récemment inaugurées, et destinées à remplacer les noirs par des ouvriers blancs moins nombreux et plus intelligents.
La commission industrielle a posé comme un principe la nécessité pour le gouvernement de s'occuper du développement agricole du Transvaal, et il n'est pas douteux qu'avec les efforts combinés des Anglais et des Boers, avec la prospérité d'au moins cinquante ans, et probablement bien plus longue, que lui assurent les mines d'or, ce pays, uni au reste de l'Afrique du Sud, avec le climat et le sol dont il jouit, n'arrive à un développement semblable à celui de l'Amérique du Nord. Mais il y faut plusieurs conditions: de la bonne volonté, du temps, et une administration qui sache utiliser ses ressources pécuniaires. Des pays comme les districts de Lydenburg et du Zoutpansberg, dont nous allons décrire rapidement les principales ressources minières, puis le Rustenberg, le Waterberg, etc., sont éminemment propres à la vie pastorale, à l'élevage des troupeaux et à l'agriculture ; si leur éloignement a jusqu'ici entravé leur développe-
ment, la construction des nouveaux chemins de fer les mettra rapidement en communication avec les grands centres industriels.
IL — Le district de Lydenhurg.
Nous avons décrit ailleurs Thistoire des alluvions aurifères de ce district, Tun des plus pittoresques et des plus riches du Transvaal, avec ses rivières et sa végétation ; il est donc inutile d'insister sur la description des alluvions de Pilgrim's Rest, de Mac Mac, de Spitzkop, etc., que Ton n'exploite guère qu'avec quelques monitors hydrauliques.
Ce n'est que récemment que les véritables filons aurifères ont été mis à jour, et ils commencent seulement à être exploités en grand, et suivant une méthode tout à fait industrielle. Ces filons ont une allure tout à fait spéciale et sont, à plusieurs points de vue, une exception presque aussi remarquable que les reefs du Rand. Ce sont des couches de quartz intercalées dans des assises de calcaires dolomitiques; on a bien trouvé quelques quartz dans les schistes, mais les seules riches découvertes ont été faites dans la dolomie. Cette formation dolomitique s'étend surplus de cent kilomètres en ligne droite, du confluent de la Blyde avec l'Ohrigstad River jusqu'au Devil's Kantoor, au sud du Cro-
GHâMPS AURIFÈRES DE L'AFRIQUE DU SUD. 2G9
codile River et de la voie ferrée de Delagoa-Bay» et sur toute celte étendue on a découvert des quartz plus ou moins riches en or. On a même reconnu la Dolomie plus au nord dans le Zoutspansberg, et plus au sud, dans le Zoulouland. Ces champs aurifères ont donc une étendue comparable à celle des conglomérats aurifères qui ont été reconnus dans une très grande partie du Transvaal.
Jusqu'à présent il n'y a cependant que deux compagnies qui exploitent avec succès les reefs de la dolomie : ce sont Glynn's Lydenburg et les Transvaal Gold Mining Estâtes, mais cette dernière Compagnie exploite plusieurs groupes de mines répandues sur un territoire immense. On peut citer aussi Lisbon-Berlin avec Frankfort, puis Graskop, Spitzkop, et le Kantoor avec les mines Barett et Coetzestroem.
En partant du nord, les premières mines que nous rencontrons sont celles de Belvédère et Wakkersdal, encore à peine ouvertes. Viennent ensuite Lisbon- Berlin et Frankfort, près des champs d'alluvions aurifères de Waterfal et de Rotonda ; Ton y exploite très économiquement un reef de quartz pauvre, mais régulier et d'une assez grande étendue. Les Goldfields of Lydenburg, et d'autres grandes compagnies, possèdent de nombreuses fermes dans cette région.
A Pilgrim's Rest se trouvent les mines les plus nombreuses et les plus riches^ appartenant aux Trans-
âlO RHODÉSIR ET TRANSVAAL.
vaal Gold MiuÎDg Estâtes: New Clewer, Jubilee, Thêta, Khi, Beta, Ophir, Grootfontein, etc. On a construit une batterie centrale avec usine de chloruration, chemins de fer électriques, etc.; c'est là une entreprise minière tout à fait comparable aux plus riches mines du Rand; le minerai est riche, et les reefs sont très étendus; peut-être même s'agit-il partout du même rcef, reconnu surtout lorsqu'il affleure dans les ravins.
Dans la vallée de Mac Mac, on travaille à Graskop un reef pauvre, mais pouvant donner des résultats à cause de la méthode économique de l'exploiter à ciel ouvert. A Glynn, sur la Sabi, on a rencontré un reef beaucoup plus riche, et dont l'exploitation sera la plus rémunératrice de tout le district de Lydenburg, à cause du peu de frais qu'ont nécessité les recherches et les travaux de développement. A Spitzkop, on retombe sur un reef pauvre, comme ceux de Graskop et de Frankfort, mais qui parait exploitable économiquement.
Plus au sud, à Nelspruit, sur la Sabi, on a mis à jour récemment un reef qui parait riche.
Enfin au Devil's Kantoor, à Barre ts-Berlin, on travaille depuis plusieurs années des reefs pauvres, mais faciles à exploiter. Cette affaire est une des seules qui aient déjà distribué des dividendes dans le district de Lydenburg.
Mais, nous devons y insister, ce district est encore à
peine connu et renferme probablement des richesses à peine soupçonnées. Il faudrait y faire des recherches méthodiques et plus complètes. Aucune raison ne s'oppose à la possibilité de mettre à jour des zones aurifères aussi riches que celles qui ont déjà été découvertes, tout en remarquant que toutes celles-ci ont été trouvées au voisinage d'alluvions aurifères.
m. — Le district de de Kaap.
Les deux vallées de de Kaap et du Komati sont à peu près parallèles et descendent successivement vers le Crocodile River, la première à Kaapmuîden, la seconde à Komati Port. Il existe plusieurs bandes de roches aurifères ou gold belts, dont les plus importantes sont celle de Barberton, qui s'étend des collines de la Sheba à celles de Moodie's, et celle de Steynsdorp ou du Komati.
Dans les collines de la Sheba, on a mis à jour un grand nombre de filons quartzeux aurifères, dont le principal est celui de la célèbre mine Sheba. Les autres mines sont Royal Sheba, Joe's Luck, Woodstock, Victory Hill, Consort, etc., mais elles n'ont jamais donné de résultats importants, alors que la Sheba a été et est encore la plus riche mine de l'Afrique du Sud.
S72 RHODfiSlE ET TRANSVAAL.
Le filon, comme la plupart de ceax de la région, sauf qu'il est incomparablement plus puissant et plus riche, est formé d*une intercalation de quartz noir veioé de quartz blanc dans des assises de quartzites, schistes et conglomérats. Ces intercalations de quartz vont en se ramifiant dans le quartzite, et c'est le corps central de ces ramifications qui constitue la mine de la Sheba; le minerai forme donc comme une colonne riche de douze à vingt-cinq mètres de puissance, et déjà connue sur trois cents mètres de profondeur : sa largeur varie de soixante à cent vingt mètres, mais tout ce minerai n'est pas également bon ; il est luimême réparti par poches riches dont la plus considérable a été de soixante mille tonnes.
D'autres colonnes riches, nommées Oriental, Edwia Bray, du nom du prospecteur qui a découvert la Sheba, ont été explorées, et le total des vides creusés dans ces reefs dépasse six kilomètres, dont quinze cents mètres de puits. Cette mine a rendu souvent quatre à six onces à la tonne ; elle a déjà produit de Tor pour plus de 35 millions de francs. C'est une véritable concentration d'or qui s'est produite en cet endroit.
La vallée, ou plutôt le ravin pittoresque où se trouve la Sheba, offre un aspect industriel en contraste frappant avec les déserts qui l'environnent, déserts inhabités, mais non stériles; cène sont qu'amoncellements de minerais, de tailings et de résidus, usines de
broyage, batterie de cent vingt pilons» usine de cyanaration, moteurs électriques et hydrauliques, câbles de trarftmission, câbles porteurs, raiiway de dix kilomètres allant de la mine à la station d^Avoca, etc. Tout autour, comme à Pilgrim's Rest, les montagnes sont couvertes de travaux de surface, de grattages, indiquant la place des nombreuses veines aurifères qui vont converger vers la Sheba ; ce sont : Golden Valley, Caledonian, King Solomon, Last Hope, etc.» et surtout les Zwartkopjes, appartenant d'abord à MIL Lewis et Marks, aujourd*hui la propriété de la Sheba. Le minerai de Zwartkopjes a atteint une teneur de vingt-trois onces à la tonne pour plusieurs centaines de tonnes ; environ cinq cents tonnes broyées ont donné en or près d'un million de francs.
Dans les collines de Moodie's» on a découvert également un grand nombre de reefs, mais très minces et sans étendue. Certains affleurements ont été extrêmement riches en or visible; tels sont : Ivy, Pioneer, Woodbine, Montrose, etc. En d'autres points, on a trouvé de véritables gisements de pyrite : Mount Morgan, et tout à fait au nord de Barberton, North Sheba, etc. Une certaine compagnie nommée Moodle's Cy, a installé une usine centrale d'électricité dans la vallée de de Kaap, au bord de la Queen's River, et transmet la force motrice à un certain nombre de ces mines, qui, situées au sommet des montagnes, n'ont
pas d'eau en quantité suffisante et manquent de charbon et de bois de chauffage.
A Steynsdorp, les veines aurifères sont encore plus restreintes et plus pauvres qu'à Moodie's et autour de la Sheba, mais les reefs sont de la même nature ; les plus connus sont ceux de Unity, Comstock, Gipsy, Queen ; il faut citer enfin Pigg's Peak et Forbes reef, sur Tautre versant des mêmes montagnes, mais dans le Swaziland.