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CHAPITRE IX

LE TERRAIN À. — Hérédité

« L'influence de l’hérédité sur la production du rhumatisme articulaire chronique dans son expression très générale, dit Besnier,est des plus accentuées et des plus étendues. »

Nous avons déjà, à propos du rhumatisme tuberculeux, parlé de l’hérédité tuberculeuse signalée par Fuller et Charcot.Disons à ce propos queSouques qui a fait quelques recherches à ce sujet,ne l’a pas trouvée plus fréquente dans le rhumatisme déformant que dans les autres affections chroniques.

L’hérédité directe et conforme a été signalée plusieurs fois. Charcot, en particulier, en a noté quelques cas. Les malades que nous avons observés nous en ont fourni deux exemples. L'un (obs. XXIII) présente une forme juvénile à lésions progressives ; sa mère présente des déformations analogues, l’autre (obs XXXIV) a une fille atteinte comme lui de polyarthrite déformante.

or

Mais ce que l’on retrouve le plus souvent c’est l’hérédité rhumatismale, c’est-à-dire la présence de crises articulaires aiguës ou subaiguës chez les ascendants ou les enfants. C’est ainsi que sur 35 malades nous avons retrouvé 9 fois des antécédents rhumatismaux nets. Dans d’autres cas, c'est Ja goutte, la gravelle, (a lithiase biliaire que l’on retrouve chez les ascendants. Si nous ajoutons, d’autre part, qu'il est fréquent de voir ces maladies et d’autrestelles que migraines, asthmes, dyspepsies, coexister avec le rhumatisme chronique déformant, nous voyons que ce groupe de maladies antécédentes coexistantes et familiales rentre dans le cadre de ce que l’on a appelé la diathèse arthritique, dont nous allons envisager les rapports avec le rhumatisme chronique déformant. |

B. — Arthritisme

Certains auteurs voudraient dénier à l’arthritisme le droit de nosologie médicale. C'est une réaction un peu vive contre une conception qui fut, il est vrai, à un moment donné, tellement extensive qu’elle a englobé les troubles les plus divers et on a pu dire, avec raison, qu'il était plus facile d’énumérer ce qui n'entrait pas dans l’arthritisme que les maladies qu’il comprenait.

Toutefois, tout en le ramenant a de justes proportions, la plupart des cliniciens avaient et ont encore

laissé subsister le terme. De temps en temps, une théorie s’élève pour l'expliquer.

C’est au nom de la bactériologie qu’on a prétendu le faire disparaître de la nosologie médicale. De même que l’on avait prétendu supprimer la diathèse scrofule en la confondant, pour la plus grande partie de ses manifestations, avec la tuberculose, de même peu à peu, des maladies du cadre arthritique de constitutionnelles et héréditaires devenaient infectieuses. C’est ainsi que l’on procéda pour les rhumatismes infectieux, le rhumatisme franc, c’est ainsi que l’ori-. gine infectieuse de la lithiase biliaire semblait devoir en détacher complètement cette maladie.

Mais les découvertes bactériologiques et la démonstration de la nature infectieuse des maladies ne doivent pas faire oublier les réactions physiologiques nécessaires àleur développement. Les recherches expérimentales elles-mêmes, en nous montrant le rôle si important des réactions de défense organique variables avec les races, les milieux et les infections antérieurés ont orienté à nouveau les recherches vers le rôle important du terrain, versles prédispositions acquises ou familiales, recherches qu’à vrai dire les cliniciens n’avaient jamais abandonnées. C’est pourquoi certains tiennent à restaurer la scrofule envisagée non seulement comme une prédisposition à la tuberculose, mais à des réactions à forme spéciale vis-à-vis de la tuberculose, c’est pourquoi l’arthritisme nous semble devoir être main-

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