‹ Rhumatisme tuberculeux primitif: Polyarthrites aiguës primitives d'origine bacillaireChapitre 5 sur 22 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

M. le professur Bouchard, en 1883, dans la thèse de son élève Bourcy, formula cette loi de pathologie générale : « que toutes les maladies infectieuses peuvent présenter, parmileurs manifestations contingentes, des déterminations articulaires, distinctes du vrai rhumaüisme, avec lequel elles se confondent cliniquement, et relevant de l'infection générale de l’économie, que cette infection soit la maladie première ou une infection surajoutée, »

Malgré l'autorité de M. le professeur Bouchard, par un défaut d’assimilation avec les autres maladies infectieuses, on tint cependant longtemps encore la tuberculose en dehors de cette grande loi de pathologie générale. Non pas que l’on ignorât complètement les rapports du rhumatisme et de la tuberculose puisque, dès 1845, Bonnet les signalait dansson Trailé des maladies des articulations. Charcot dans sa thèse inaugurale (1853), et une seconde foisdans ses Leçons sur les maladies des vieillards (1854) et, depuis beaucoup d'autres auteurs, parmi lesqueis Fuller (Traité sur le

t'ydoper rhumatisme, la goutte et la sciatique), Trousseau , Peter, Guéneau de Mussy, Cornil, Laveran, etc., décrivent aussi la coexistence du rhumatisme et de la tuberculose sans voir le lien qui relie entre elles ces deux affections. Malgré le fait rapporté en 1890 par M. le professeur Lannelongue, dans le Bulletin médical, malgré le mémoire des plus importants de M. le professeur Weill {Des troubles nerveux chez les luberculeux), 1893, nulle part encore l'idée nette d’un pseudo-rhumatisme tuberculeux n'avait été formulée. M. le professeur A. Poncet, le premier, fixa définilivement les relations du rhumatisme et de la tuberculose et créa le rhumatisme tuberculeux. Ce fut, à dater surtout de 1897, époque à laquelle notre maitre fit, au Congrès de chirurgie, une communicaion sur le pseudo-rhumatisme tuberculeux chronique, que la question fut définitivement posée. Les travaux nombreux deses élèves ne firent que confirmer l’exis- Lence de celte nouvelle manifestation tuberculeuse. °« Le rhumatisme (uberculeux, né de l'observation clinique, se révéla bientôt avec toutes les modalités des autres rhumalismes infectieux ! ». À la Société de médecine de Lyon (en 1899 et 1900), à l'Académie de médecine (23 juillet et 22 octobre 1901), M. le professeur Poncet, Ini-même, attira l'attention sur ce qui fait plus spécialement l’objet de ce travail. le rhumatisme articulaire aïqu tuberculeux primilif.

Des observalions de cette première manifeslalion de

.# M. Antonin Poncet et Mailland. Rhumatisme tuberculeux (Monographie clinique).

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l'infection tuberculeuse furent consignées dans la thèse d'Egmann (Lyon 1901). Le rhumatisme articulaire aigu tuberculeux primitif fut de nouveau étudié dans les thèses de Gaillard, Cubertafon, à Paris, dans des publicalions, dans des communications à la Société médicale des Hôpitaux, de MM. Barbier, F. Bezançon, Galliard, Griffon, etc.

Le rhumatisme tuberculeux est, en effet, très souvent primitif, 1l constitue la première, parfois l’unique manifestation de la tuberculose chez des sujets antérieurement sains ou considérés comme tels.

« Vous verrez, dit M. le professeur Poncet!, des polyarthrites aiguës apparaissant au cours d’une tuberculose chirurgicale et surtout de la phtisie pulmonaire, mais vous noterez aussi le rhumatisme articulaire aigu comme premier signe de l'infection bacillaire, soit qu'il existe quelque part un foyer latent, jusque-là non diagnosticable, d'où sont parties les toxines, soit encore que l’imprégnation tuberculeuise ait été articulaire d'emblée (rhumatisme tuberculeux primitif) et qu’elle ait été due à une diffusion rapide des bacilles ou deleurs toxines, sans localisations tuberculeuses antérieures. »

Cette forme de rhumatisme tuberculeux mérite donc d'attirer particulièrement l'attention, car elle est le premier indice d’une infection bacillaire en germe et encore ignorée, le signe révélateur d’une tuberculose au début. M. le D' Mailland, dans une publication récente? insiste à Jusle Uitre sur la nécessité du diagnostic im-

! Gazelle des hôpilaux, 20 janvier 1903.

? Gazel'e des hôpitaux, »3 juillet 1903.

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médiatement posé. De ce diagnostic précoce pourra dépendre l'avenir d’un malade et puisque, souvent (des observations le montrent) l'infection peut s’épuiser dans l'articulation, il serait important de pouvoir, aussitôt la maladie déclarée, non seulement reconnaître l'affection, mais encore porter un pronostic. De l’examen même des symptômes, il ne semble pas que la chose soit facile ; 1l n'en est pas moins vrai que le diagnostic précoce est indispensable pour la conduite à tenir immédiatement contre un envahissement ultérieur probable de l'organisme par la bacillose.

Le rhumalisme articulaire aigu tuberculeux primitif, tant au point de vue clinique qu'au point de vue prophylactique, prend donc une importance réelle et jusifiée.

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