CHAPITRE I. — Étude pratique du rhythme
N musique le temps est divisé par la mesure; dans le chant grégorien, il l'est par le rhythme. Un rhythme se compose de 2 temps ; ou, si Ton veut, c'est un mouvement à deux phases: le levé, qui est l'élan ou arsis ; et X abaissé, qui est la chute ou la thesis. On les marque naturellement en levant et en abaissant la main, qui dessine une courbe : a- — ^t. h'arsis, désignée par a, est au point de départ ; et la thesis, indiquée par t, se trouve au point d'arrivée.
Cette étude du rhythme se divise en 2 parties. Dans la première, nous verrons quel est le rhythme des mots et des neumes, considérés en eux-mêmes et comme isolément; ce sera une sorte de solfège rhythmique. Dans la seconde, nous examinerons comment les rhythmes s' enchaînent pour former la phrase mélodique et ses divisions, la valeur de ces divisions et les faits qui résultent de cet enchaînement.
Avant d'aborder cette étude fondamentale, je tiens à prévenir toute confusion dans l'esprit du lecteur par une observation très importante. Dans ces matières, comme ailleurs, la terminologie et la classification sont souvent conventionnelles. Il suffit que l'auteur et le lecteur s'entendent. Les théoriciens, surtout dans l'antiquité, ont fréquemment appelé du même nom des choses fort diverses; et il en est résulté un imbroglio inextricable dont j' aurai l'occasion de reparler. Que le lecteur veuille bien ici fixer le sens des termes selon ce que je leur fais exprimer ; et qu'il accepte la classification proposée,en regardant les choses elles-mêmes, sans s'inquiéter si tels auteurs, anciens ou modernes, ont employé les termes d'une façon analogue ou différente, et s'ils ont donné une classification diverse des mêmes phénomènes rhythmiques.
Rhythme du chant grégorien.
On voudra bien aussi ne pas s'effrayer des détails et de l'analyse minutieuse des faits qu' exige l'exactitude. Le résumé des lois du rhythme aidera à synthétiser cet examen ; et quelques exercices pratiques simplifieront rapidement ce que la théorie et l'analyse, ici comme partout, semblent compliquer.