Chapitre premier, — Première partie
tenue(I)dans des circonstances analogues à celles du distropha. Le plus souvent elle assure le mouvement et l' intonation au début des morceaux.
multiplica - irreprehensibilis constitu - es e - os Ghristus
Ainsi l'articulation de : moultiplicabitour, avec les deux consonnes / et t, et la prononciation de: irreprehennsibilis, allongent un peu la note. Qu'il y ait là distropha ou double note seulement, cela dépend du chanteur ; mais que vous fassiez l'un ou l'autre, on comprend que la nuance sera insensible et la différence de nulle portée sur l'exécution, comme sur la marche de la phrase. Ce qui importe, c'est de voir que ces doubles notes ne comportent pas de thesis simples, sous peine d'arrêter le rhythme et le sens mélodique. Partout on fera donc comme pour le distropha, et on mettra une arsis simple ou contractée dont la thesis se reportera sur le neume suivant, ainsi que le montrent les ex. précités.
Je me rappelle encore les embarras que me causait ce début du Graduel des Apôtres : Constitues eos, lors de mes premiers essais de chant grégorien à la maîtrise de St-André de Niort. Ignorant encore la théorie du rhythme, je faisais chanter,comme d'autres auraient fait; et Dom Pothier ou Dom Schmit, de si chère mémoire, me disaient que «ce n'était pas cela». Ils reprenaient le passage, et j'entrevoyais bien qu'il y avait une différence. « Pourquoi et comment n'était-ce pas cela?» Cette question restait sans réponse des deux côtés, jusqu'à ce que l'analyse plus stricte et plus approfondie permit de formuler la loi que nous venons d'appliquer.
i. Car la notation neumatique ni la guidonienne n'exprimant les valeurs de temps, on a usé naturellement de 2 notes juxtaposées pour indiquer une durée plus longue ou une répercussion du son.
Rhythme du chant grégorien.
On rhythmera donc les doubles notes ou virga, comme nous montrent les ex. ci-dessus et avec un léeer crescendo ou decrescendo. Il est donc évident que c'est légitimement que le Liber Gradualis a simplifié l'exécution, en notant pareillement la double virga et le distropha dans plusieurs circonstances.
Cette simplification a été étendue au trigon. Les manuscrits neumatiques donnent pour cet ornement un neume en points dont le Ier est un peu inférieur au second. La notation guidonienne a traduit ces 2 premières notes tantôt par l'unisson et tantôt par le demi-ton inférieur. Ex.:
Cette différence ou cette variante vient toujours de l'incertitude où est l'oreille d'apprécier 1' intervalle formé par l'attaque vibrato. La note d'agrément devrait ici précéder la note réelle et avoir une valeur rhythmique faible, comme celle d'une petite note en musique, ou d'une appoggiature faible; et Yarsis porterait donc sur la seconde note.
En pratique, cette nuance rhythmique ne peut se réaliser, quand les 2 premières notes sont à l'unisson; et elle est, du reste, si peu importante, que son caractère rhythmique sera pleinement sauvegardé, si, comme pour le distropha et la double virga, on attaque le neume qui traduit le trigon avec arsiszX léger crescendo, dans le cas où les 2 premières notes sont à l'unisson. Quand elles sont à un demi-ton, on doit chanter comme pour les groupes ordinaires. Ex. :
*-3tf
ou
tu
tu