SCENE VII
WILLIAM, l)M homme masoué.
vltLUM. Lutin , mon dotll .oigocur, «aire, I — Son excellence veut-elle me dire son nom?
l'homme hasqcé. Es-tu idiot ou fou? Est-ce pour dire son nom qu'on prend un masque ? Un homme est entré ici. où est-il ?
William. Que veut dire sa seigneurie?
l’hommr masqué. Un juif, un vieillard, Samuel enfin?... (A lut-même. sans attendre la réponse de William.) Ve l'argent ! voila donc où j'en •ni», après avoir commis un empire et remué le continent et le monde au choc de ma volonté, de courir après un juif pour quelques angelots d’or ou quelques groais d argent.
William, à part. Je n'ai jamais pu voir un masque sans trembler... et ut) marque qui parle tout seul encore!
l’homme Masqué. On étouffe!... (fl arrache ron marque.) — (A William.) Tourne ce sablier, que je tache le temps que je resierai ici.
w iuiam, à part. Le roi ! {Arrangeant Usablicr.) l'ar Notre-Dame de Watsingbam, que va-t-il se passer?
■ icm ihd, mnrcAont ù grands pas, à part. Non, pa* d'illusion!... si ce juif relient dans ses mains i économie de dis siècles; s'il retire ou donne la lie a mon peuple en liant ou en déliant sa bourse, et nie met, moi lltcliard, dans la nécessité de mendier son appui... Eh bien! s'il a ce pouvoir, c'est lui qui est le roi, et je ne suis que son porte-sceptre 1
William, à part. Je dois avoir l'air d'une brebis enfermée avec un tigre.
richard. Où est ton maître?
William. Mon maître?... (A part.) Voilà un prétexte pour m'en aller. tUaut.) Il est è son ot>scriatoire, en train d'étudier les astres. Je m’en *111 vous le chercher, milord.
Richard. Approche! — Oh! l'argent! l’argent!
Je songe à étonner le monde, et je retombe sur Bn l»s d éçus l (A William.) Où eU Samuel?... Jll*»ns. où est il?... ne te le fais pas dire deui fois, où est-il ?
William, montrant la cachette. Il est là, je crois. richard. Tu crois?
William, tùcemerif. U est là, il est là !
Richard, sondant le mur. Ah! ah*, une porte masquée dans la boiserie... — Le secret?
RICHARD. Et Samuel est caché entre cette première porte et l'autre?
William. Oo ne me l’a pas dit... mais o’eit ma conviction.
richard. Conduis-moi à cette seconde porte.
Non, demeure. Où est cette porte? comment la trouver ?
William. C'est très facile, milord, aussi facile que d aller au Pré-sus Jeu». (Ouvrant une porte.) Au bout de ce corridor, une salle; on tourne à gauche, une galerie; puis à droite, dis marches d un escalier tournant ; enfin une cour avee un pan de mur renversé qui donne passage dans la rue... Oui, milord, dans la rue... une brèche à faire passer une légion de voleurs... nous aurions dû être dis fois égorgés... Pardon!... à deux pas du mur, a droite, l'issue en question... une petite porte grise dont voici la clef.
richard, prenant la clef. En effet, e'eit trèsfacile. Tu ne bougeras pas d'icL Si tu as envie d être écartelé, tu n'as qu'a laisser s'évader le prisonnier. (Une fausse sortie.)
William, se laissant tomber dans un fauteuil Enfin!... je peux respirer! (Se levant, à part.) Encore lui!...
richard. S’il t'échappe un mot, je l’entendrai; un geste, un regard, un sourire, je le verrai, et alors...
milium. Comment! écartelé pour un mol?
Richard. Non, le châtiment se proportionne au crime.
William, essayant de rire. Au fait, et ferait un peu dur...
MCUARD. Te ne serais que pendu. (Il sort.)