‹ Richard 3. drame en cinq actesChapitre 61 sur 80 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les Mtns, U REINE, LADY ELISABETH.

la reins:. Nous trouverons ici de quoi écrira. LADY KliSvrrth, te heurtant le pied. Ahl Lv reine. Qu'as-tu?

Élisabeth. Ce n'est rien... Je me suis heurt! lè pied en entrant.

la reine. Ab! tu vois, encore un présage de deuil I

Elisabeth. Tu as tant souffert que lu ne crois qu'au malheur. C’est une manière de douter de la justice de Dieu. Ta tendresse ait une magicienne qui peuple ta vie de pressentiments et de fantômes sinistres.

la reink. J’entends encore la voix de ce vieillard qui nous a abordées sur le chemin. II était pâte et frémissant, et tenait sa main droite éton*

ed by CjOOqIc

duc vers le ciel : • Voyei-vous cette étoile qui est la haui, princes»?... voyez-vous ce point noir qui est là-bas, madame?... Ce point noir est un orage qui éclatera en coups de foudre et en sillons de feu, et l'étoile disparaîtra peut-être dans ses ruines... Ce point noir, c'est Richard; cette étoile, c'est Elisabeth, la Glle et l'héritière d'Edouard IV... Nous sommes au troisième vendredi du mois, prenez garde! »

Élisabeth. Ma mère I

la b ei.v a. Je crois aux jours néfastes, moi!... J'écrirai à nankins... je changerai l'heure du rendez -vous... Minuit et demi au liru de minuit... e'est-à-dire demain au Heu d'aujourd'hui... Je suie folle, je le veui bien, mais je mettrai un intervalle entre aujourd'hui et demain, aGu que Dieu y puisse placer ton bonheur, s'il le veut I (On entend les cris de Vit** Richard!) Ah t Richard ! ( Elle ca regarder dans le camp. ) Il est avec Scroop; il ne le quitte plus!... Ne dirait-on pas un tigre qui joue avec sa proie?... Il sourit!... (Revenant à sa fille. ) Il m'a souri ainsi au moment où il faisait étouffer mes deux fils! Mais que fais-je? tu ne m'écoules pas.

éusabetu. Ma pensée est ailleurs : en pressant ce parchemin qu’il a touché, je crois sentir sa main dans la mienne! [Elle montre une lettre.) LA n El. vr. De qui veux-tu parler ?

Élisabeth, (Kmrant la voix. De Ricbcmond, ma mère, de Richemond!

la nti.va. Richemond? Malheureuse, taW-toi !

Qui t’a remis cette lettre?

Élisabeth. L'agent de Scroop, tout à l'heure, à l’entrée du camp. Elle est adressée à loi.

la reine. Donne, donne ! ( Elle ouvre Ut lettre qu'elle replie aussitôt. ) élisarktii- Tu ne lis pas?

la rm *b, lui remettant la lettre. Tu me diras s’il a pensé à moi. Ne rougis pas ; le bonheur est aises rare pour qu'on ne baisse pas les yeux quand it passe. Tiens, je te ménage un téte-àtète. ( Elle va à la table et écrit. )

Élisabeth, lisant.

« L’amour a son hérolime comme le cœur son

• inspiration, et c'est avec une poignée d'hotn-

• mes que je vais tenter de reconquérir votre b royaume. 0 ma douce Gancée! je songe moins b au trône où ie moulerai en maître, qu'à vos

• pieds où je m'humilierai en esclave. Ce matin,

■ l'ai prié dans une petite église perdue dans les b landes. J'étais à l'hôte! de la Vierge. Je deman-

• dais si ardemment à Dieu de vous revoir, que

• la madone s'est un moment transfigurée . et » c'était vous, vos ycut, votre sourire et vos airs b de tète charmants. Mon coeur, qui bat rarc-

• ment, palpite depuis cette heure, l'air me b semble moins lourd, ce soleil étranger me sou-

• rit presque! J'ai vu passer un couple : ils

■ avaient votre âge et le mien ; ils t'en allaient » le long de la mer retentissante, seuls et respi- » rant la brise moins parfumée que leur baleine, b où tremble l’amour, et souriant aux étoiles, b moins claires que leurs yeu», où brille le b bonheur! Priez pour eux. Mon vaisseau est b prêt, ie vent s'élève, je vous rejoins! b (Embrassant la lettre. } Oh! j'irai à toi, Richemond, j'irai à loi 1 (la Reine se lève après avoir scellé sa lettre. )

la reine. Voici ma lettre à Hawkins... William ira la lui porter. (A l'un des archers ) Pais signe à ce jeune homme qu'on lo demande.

( L'archer fait un siyne, fl'iffiam accourt. )

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