‹ Richard Cœur-de-lion, opéra-comique en trois actesChapitre 1 sur 35 · AV · texte numérisé non relu

AV

Est hien lofn du village.

All ! quel cruel tourment !

LE CHCCUR.

Coleiie, e'est domain One le vteut Mathurin Refail son mariage; Le fait est certain.

Fille, point de chagrin, Nous danserons demain Nous boirons dc bon vin.

MATHURIN

Comment! e'est demain Que ton vieux Mathurin Avec toi, ma femme, se remet en train ? LA FEMME DE MATHURIN.

Apres cinquante ans, II est encor temps De se montrer aise et d'etre contents.

LE CHCEUR.

Chanlons, etc.

SCfiNE II

BLONDEL, ANTOlNIO.

BLONDE L, feignant d'etre aveugle.

Antonio, qu'est-ceque jentends? j'entends, je crois, chanter?

ANTONIO

Ce n'est rien, e'est tout le hameau qui s'en retourne chez lui apres l'ouvrage. des champs ; le soleil est couche.

BLONDEL

Ou suis-je ici, mon petit ami?

ANTONIO

Vous n'etes pas loin du chateau ou il y a des tours, des creneaux; je vois tout en hatit un soldat qui fait faction avec son arbalete.

BLONDEL

Je suis bien las.

ANTONIO

Tenez, asseyez-vous sur cette pierre; e'est un banc.

BLONDEL

Ah! je te remercie.

(II s'assied.) ANTONIO.

C'est un banc qui est vis-a-vis la porte d'une maison qui paraitetre une ferine; c'est comme une maison de gentilhomme.

BLONDEL

Eh bien ! mon ami, va t'informer si on peut m'y donnur a coucher pour cette nuit.

ANTONIO

Je vous trouverai la ?

BLONDEL

Ah! je n'ai pas envie d'en sortir; quand on ne voit pas, on est bien force de restcr ou on

COEUR-DE-LIOlN,

nous dit d'attendre; ne manque pas de revenir.

ANTONIO

Oh! non, car vous m'avez bien paye; mais, pere Blondel, j'ai quelque chose a vous dire.

Quoi?

ANTONIO

Ah ! c'est que...

BLONDEL

Dis, mon fils, dis, qu'est-ce que c'est?

ANTONIO

C'est que je suis bien fache; je ne pourrai pas vous conduire demain.

BLONDEL

Et pourquoi done ?

ANTONIO

C'est que je suis de noce; mon grand -pere et ma grand'-mere se remanent, et mon petitfils qui est leur frere.

BLONDEL

Ton petit-fils! tu as un petit-fils?

ANTONIO

Oui, leur petit-fils, qui est mon frere, se marie aussi le meme jour de leur mariage, a une fille de ce canton.

BLONDEL

Et dis-moi, elle ne demeurerait pas dans ce chdteau que tu dis, ou il y a un soldat qui a une arbalete?

ANTONIO

Non, non.

Mais, mon ami , demain, comment ferai-je pour me conduire?

ANTONIO

Ah! je vous donncrai un de mes camarades ; il est un peu volage, mais je vous ferai venir a la noce, et vous y jouerez du violon. Ah ! ne vous embarrassez pas.

BLONDEL

Tu aimes done bien a danser?

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