BLONDEL, MARGUERITE
BLONDEL
Ciel! que vois-je? c'est la comtesse de Flandre ! c'est Marguerite ! c'est le tendre et malheureux objet de l'amour de l'infortune Richard! Ah! j'accepte le presage; sa rencontre ici ne peutetre qu'un coup du ciel. Mais, • peut-Stre me trompe-je!... Voyons si vraiment c'est elle. Si c'est Marguerite, son ame ne pourra se refuser aux douces impressions d'un air qu'en des temps fortunes son amant a fait pour elle.
(11 joue cet air sur son violon. Marguerite s'arrete, ocoute s'approche.)
MARGUERITE
0 ciel ! qu'entends-je ! . .. Bon homme, qui peut vous avoir appris l'air que vous jouez si bien sur votre violon?
BLONDEL
Madame, je l'ai appris d'un brave e'euyer qui venaitdelaTerre-Sainte, et qui, disait-il, l'avait entendu chanter au roi Richard.
MARGUERITE
11 vous adit la ve'rite".
BLONDEL
Mais, madame, vous qui avez la voix d'un ange, n'etes-vous pas cette grande dame qui doit occuper la maison qu'on m'a dit 6tre ici
pres?