SCÈNE V
RICHARD, TOMPSON.
RICHARD
Vous VOUS êtes donné beaucoup de peine pour mon élection , monsieur?
TOMPSON.
Je vous ai eu cent voix.
Et puis-je savoir ce qui a fait naître l'intérêt que je vous inspire ; car je n'ai point l'honneur de vous connaître?
T0MPS0,N.
C'est moi qui vous ai écrit.
RICHARD
Quel motif m'a valu l'honneur de votre visite.
TOMPSON.
Votre caractère.
RICHARD , souriant.
Lequel?
TOMPSON.
D'ambitieux.
RICHARD
Qui vous a dit que je l'étais?
TOMPSON.
Moi qui le suis.
RICHARD
Vous êtes franc.
TOMPSON.
Je suis concis.
Et VOUS appuyez vos prétentions?
TOMPSON.
Sur ma tête et mon bras , comme vous.
RICHARD
Et qui êtes-vous?
TOMPSON.
Rien , comme vous.
RICHARD
Et comment croyez-vous avoir besoin de moi pour réussir?
TOMPSON.
Ma position, quelques antécédents, m'ôtent l'espoir de parvenir seul. Je suis né trop près du peuple pour pouvoir exercer directement pour moi l'inQuence que j'ai sur lui. Je vous ai eu cent voix ; si je m'étais présenté, je n'aurais eu que la mienne.
RICHARD
Ainsi vous voulez faire de moi un instrument.
TOMPSON.
Non , un patron : vous serez le vaisseau de guerre et moi la chaloupe qu'il remorque; mais faites-y attention, sir Richard , dans uu gros temps la chaloupe peut sauver l'équipage.
RICHARD
Et si j'acceptais ce traité et que nous montassions ensemble, quelle serait ma place?
La première.
RICHARD
Toujours?