TOUS
Adieu , adieu, bonne chance !
(Richard et Slanson avec leurs amis paruissml sur le balcon de leur taverne.)
LE HAUT-BAiLLi, apvès ovoir réclamé le silence.
Habitants de Dariinglon , deux candidats se présentent pour être élus à la chambre des Communes, monsieur Richard et monsieur Slanson ; qu'on les écoute en silence.
(Le haut-bailli s'assied : Richard indique par ses çicstes
qu'il veut prendre la parole : toute la foule se tourne
de son côté. — La musique cesse.)
RICHARD
Nobles citoyens de la vieille Angleterre! — (f^ival, houras, huées, voix qui réclament le silence.) C'est un speclacle étrange pour vous qu'un homme nouveau qui vient disputer la place à monsieur Slanson , en possession depuis trente-cinq ans d'un siège à la chambre des Communes. Oui, depuis que les Derby, en parcourant notre comté, peuvent dire : Ces forêts, ces rivières, ces bourgs, ces vallées sont à nous , ils ont pu dire aussi, et ils disent : Il faut que les représentants de ce pays soient à nous.
voix DIVERSES.
Non... non... Oui. . oui...
Vous le niez en vain, le comté a sept places au parlement; les Derby y envoient sept âmes damnées : c'est renier représenté par les sept pèches tai>itau\. [Huées,
ACTK I, SCENE XIV. 85
applaudissements.) Leur règne est fini; un simple avocat, moi, votre homme, votre ouvrage, j'ose me mesurer avec eux, i)arce que vous avez compris vos droits, parce que vous vous êtes dit : A nous tous nous sommes plus riches qu'eux ; puisque la liberté s'achète avec des guinées, donnons des guinées. {Bravos presque universels.) Avec nos modestes souscriptions, nons nous rirons des cent mille livres sterling des Derby. Hommes orange, vous voulez de l'or? allez aux l>erby; c'est leur couleur; ciloyens bleus, vous voulez vos droits? mettez-moi Tarme à la main par vos sufVrages, et je vous donne ma vie pour les dél'endre. {Sifpels , liouras.) Sir Stanson , vous vous croyiez déjà assis à l'aise dans le fauteuil où le représentant élu est porté en triomphe; maïs avant de vous laisser retomber dans votre sommeil "septennal , je viens vous secouer un peu ; laissez là votre modestie; dites-nous ce que vous avez fait pour nous , célébrez vos combats ; montrez-nous votre corps amaigri par les veilles! (Rire (fàiéral.) Allons, que Darlinglon soit plus heureux que Westminster; qu'il entende votre voix, et pour acheter le privilège d'aller vous taire sept ans dans la chambre, enrouez-vous une fois en |)lein â'ir. [Rires, mouvcmcnl de niéconlcntcmenl des jaunes.) Concitoyens , mons leur Stanson a jiour lui le passé, moi Je n'ai que l'avenir : malgré cette différence, essayez d'un député qui, corps et âme, est à vous, qui défendra pied à pied vos droils et votre argent; qui, après chaque session, viendra vous dire : Voilà ce que j'ai fait, êtesvous contents?
{Jussilôl qu'il a cessé de parler, lous les électeurs se reluurnenl vers le balcon oii est M. Slanson.)
STANSON.
Habitants de Darlinglon, pour condamner Paudaci; de
la tentative qu'on fait aujoiuxl'imi («i^efs, applaudissements : Slanson repèle sa phrase), je ne veux pas invoquer d'autre lail que ce qui se passe sur cette place.