ACTE II, SCENE VII
peuple / M. Tompson ? des couronnes de chêne , dont huit jours suffisent pour faner les feuilles.
TOMPSON.
Et croyez-vous que le peuple aux mille voix n'a pas sa publicité aussi? S'il ne peut récompenser, il peut du moins flétrir, et ce que vous proposez , car ce sont des propositions , monsieur le marquis , serait le déshonneur éternel de sir Richard. Se vendre !...
DA SYLVA
Oui, si c'était une vente.
Qu'est-ce donc?
DA SYLVA
Une alliance.
TOMPSON.
Un député ne s'allie pas avec les ennemis du peuple,
DA SYLVA
Non, mais il peut se marier à une fille noble.
TOMPSON, avec surprise.
Se marier!
DA SYLVA
Sir Richard est garçon?
TOMPSON, un moment embarrassé.
Oui, monsieur le marquis.
DA SYLVA
Ses intérêts alors changent de nature. Qui blâmera le lord d'avoir d'autres vues d'avenir que le simple député des Communes? L'intérêt du pays, vu de sa nouvelle position , se présente à lui sous une nouvelle face : et
voir d'en bas ou d'en haut, fait une grande différence dans la perspective.
TOMPSON.
J'avoue, monsieur, que cela change la question.
Et si à une grande fortune la Oancée joint une grande beauté , sir Richard n'est pas homme à avoir le cœur aussi désintéressé que la conscience.
TOMPSON.
Mais pourquoi un mariage?
DA SYLVA
Parce qu'il faut que les liens qui nous attacheront sir Richard soient durables.
TOMPSON.
Est-ce une indiscrétion de vous demander le nom ?
DA SÏLVA.
Miss Wilmor.
TOMPSON.
La petite-fille de Votre Seigneurie ?
DA SYLVA
Oui, l'enfant que lord Wilmor avait eue d'un premier lit et que ma fille unique, Caroline, adopta en l'épousant. Je lui donne cent mille livres stei'ling de dot.
TOMPSON.
C'est tout, monsieur le marquis?
DA SYLVA
Lord Wilmor était pair d'Angleterre.
TOMPSON.
Je le sais.