‹ Richard II (volume 2)Chapitre 2 sur 92 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

race d'Etienne, et finit son règne au milieu de la révolte de ses fils, Richard et Jean. Jean tue son neveu Arthur; son fils Henri III n'échappe aux guerres de famille que pour tomber dans les' guerres civiles. Edouard P^ parvient à s'en tirer et à mourir naturellement; mais Edouard II est détrôné et assassiné par sa femme , on voudrait pouvoir dire sans la moindre connivence de son fils Édouai'd III. Richard II, le petit-fils et l'héritier d'Edouard III, est renversé et mis à mort par son cousin Henri de Lancastre (Henri lY); Henri VI par Edouard d'York (Edouard IV); les enfants d'Edouard par Richard III; Richard III par Henri VII. Henri VIII, répudiant ou tuant ses femmes, lègue un héritage de haines réciproques et de vengeance aux enfants nés de ces mariages^ Marie, Elisabeth et Edouard : Edouard VI, qui prépare par la disgrâce les règnes violents de ses deux sœurs ; Marie, qui met à mort Jeanne Grey et persécute ÉUsabeth; Elisabeth, qui fait périr Marie Stuart, la mère de son prochain héritier. La maison de Stuart n'arrive au trône par ces marches teintes de son propre sang que pour fournir, dès la seconde génération, une nouvelle tête royale à Téchafaud, et, après une courte res-

PRÉFACE. m

taiiration, toute une race à l'exil, (^'est en sa qualité de gendre, c'est au nom et avec la complicité de la fille de Jacques II, sa femme, que Guillaume d'Orange vient le chasser en 1688.

Pendant plus de six cents ans, l'historien de l'Angleterre aurait donc bien des occasions de s'écrier, comme le fait si souvent le moine de Saint-Denis, dans son Histoire de Charles VI : oc Je devrais laisser cela à la tragédie M » Et la tragédie n'y a point fait défaut. Pou|? une partie notable de son théâtre, Shakespeare n'a eu qu'à prendre et à mettre en scène tout un siècle de cette histoire. Entre tous les règnes, il n'en est pas qui offre plus de péripéties dans les événements et d'intérêt dans les caractères, que celui par où commence cette série de drames historiques, le règne de Richard II. Mais Shakespeare, tout en donnant pour titre à sa tragédie la Vie et la Mort de Richard II, n'a représenté que la chute du prince. Son tableau eût été plus vrai et l'émotion produite par le dènoùment plus profonde, si, pour peindre le jeune roi, il se fut

1. Tragimm argurnentum; — tragœdorum boatihus potius deflendum^quam contexendum litteris. Chron. Car. VI, 1. ITT, 1 ; XX, 10, etc.

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