ACTE I, SCÈNE XIX
RUTLAND
A voire aise, milord, je sonnerai vos funérailles : on vous a prédit que vous mourriez vingt-quatre heures après moi.
Enfin, je suis veuf, mon bon Rulland.
RUTLÀND.
Milord, vous me faites trembler !
(^La duchesse d'York vient d'entrer. Elle se traîne avec peine.)
C'était le seul moyen de nous sauver.
LA DUCHESSE, à part.
Je l'ai fait demander et c'est moi qui viens!
Richemond n'a de force qu'en s'appuyant sur la fille d'Edouard... Eh bien! enlevons -lui cette force, portons-lui le dernier coup, en faisant d'Elisabeth l'épouse glorieuse de Richard 111. Tu te lais? Tiens, Rulland, tu es la plus sotte créature que je connaisse ! Tu tues pour tuer. Tu as assassiné les lords Rivers et Gray pour quelques pièces d'or tombées de mon escarcelle. Eh bien! c'est misérable!
RUTLAîsD.
Si j'avais eu la vertu de résister, vous m'eussiez fait écarleler vif. Enfin ces sortes d'unions sontregardées comme incestueuses.
J'aurai la dispense du pape.
RUTLAND
Mais elle, croyez-vous qu'elle consente jamais...
A épouser le meurtrier de ses frères ?... Tout est possible, Rulland. Lady Anne a bien été reine d'Angleterre. D'ailleurs la tombe des frères n'est pas si étroite qu'elle ne puisse contenir un cadavre de plus.
(Mouvement d'horreur de la duchesse.)
RUTLAND, s'inclinant.
Vous êtes un grand roi.