ACTE 1, SCÈNE XX
déshonoré la tombe de son père, flétri la vieillesse de sa mère. On a eu beau me dire ; C'est un tigre ! je l'ai nié : mon orgueil se refusait à croire que moi, moi l'orgueilleuse mère de Clarence et d'Edouard, ces fleurs de la chevalerie, ces dignes héritiers de la maison d'York, j'avais aussi formé un monstre tel que loi... Ah! laisse-moi finir! Dans un moment tu pourras insulter a mon cadavre; mais en attendant, meurtrier, en attendant, fratricide, en attendant, courbe ta tête flétrie... Courbe-la, car c'est de ma tombe que je te parle, car c'est ta mère qui te maudit !
Vous n'avez jamais eu que des choses désagréables a me dire, ma mère.
LA DUCHESSE, continuant.
A travers un brouillard, je vois toutes tes victimes,.. Je les vois pâles et sanglantes, qui m'excitent a te maudire... je les vois, je les entends!... La malédiction d'une mère est plus tranchante que l'épée... sois maudit ?
(Elle tombe sans vie dans un fauteuil.)
RUTLAND, à genoux, écrasé sous les paroles de la duchesse.
Ah !
RICHARD, à Rutland.
Relève- toi !
RUTLAND, se relevant.
Sire, je la crois morte !
Regarde.
RUTLAND
Elle est morte!
Mon manteau. ( Après s'être enveloppé dans son manteau, à part.) Elle connaissait bien Richard. {A Rutland.) Tu me rejoindras à Westminster.
(11 sort. Rutland reste attéré près du cadavre.)