‹ Richard IIIChapitre 168 sur 259 · SCÈNE Yll · texte numérisé non relu

SCÈNE Yll

RICHAKD, LA REINE.

Vous me liaïssez, c'est évident !

LA REINE, épouvantée.

^iilord !

Vous me haïssez, et voire fille a grandi dans celle haine aveugle contre moi !

LA REINE

Je vous jure !...

Non? Eh bien! vous m'aimez. — Tenez, ne jouons pas sur les mots. J'aime votre fille, je vous demande sa main; me l'accordez-vous ?

LA REINE

Sa main ! vous ?

Vous frémissez ? Frémit-on en présence d'un ami ? Qu'ai-je dit? qu'ai- je fait ? Aurais-je a subir l'affront d'un refus ?

42 HIGHARÎ) 111.

LA REINE, à part.

Oh ! l'assassin de mes fils !

RICHARD, raillant.

Voyons, répondez. Siiis-je congédié? le bâtard vous convient-il mieux ? Dites, je me relire.

LA REINE

Milord,... la surprise,... l'honneur que vous me faites...

RICHÂRB.

Vous m'acceptez... c'est bien !... je suis le plus heureux des hommes !

LA REINE, avec effroi.

Ma fille n'est pas digne de vous, milord ! — je ne l'ai pas élevée pour le trône... Ah ! ne m'en faites pas un reproche, mon frère. En régnant a sa place, vous m'avez indiqué le rang qu'elle devait tenir. Si vous saviez?... j'ai pris ses espérances une à une, et je les ai brisées pour ne pas laisser de prétexte à son orgueil; j'ai appauvri ses désirs, éteint sa jeunesse, détruit jusqu'au souvenir de ses splendeurs passées; Quedisje ? je lui ai désappris le nom de son père pour mieux la faire descendre jusqu'à moi. Puis elle est si jeune!... N'est-ce pas qu'elle est bien jeune, mon frère ?... Ah ! laissez-la-moi... ne la ravissez pas à mes caresses, Richard, à ma vieillesse qui s'approche... Mon frère, je vous en prie a mains jointes !

Je m'intéresse à votre fille, et vous tremblez ; j'en veux faire une reine, el vous pleurez; j'espérais mieux de vous, ma sœur. [D\in ton bref et froid.) Enfin, celte union réunira en un même faisceau les forces dispersées et hostiles de noire famille. {Laclij Elisabeth reparaît sur la scène.) La voici ! {Baissant la voix.) Vous lui expliquerez mes projets. Parlez-lui de mon amour. Surlout faites briller à ses yeux la splendeur d'un trône où votre place est marquée. Betty, la reine veut vous parler.

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