ACTE III, SCÈNE VII. Î
peuple en liant ou en déliant sa bourse, et me met, moi Ricliard, dans la nécessité de mendier son appui... Eh bien! s'il a ce pouvoir, c'est lui qui est le roi, et je ne suis que son porte-sceptre !
WILLIAM, à part.
Je dois avoir l'air d'une brebis enftrmée avec un tigre.
OÙ est ton maître ?
Mon maître ?... (Â part.) Voila un prétexte pour m'en aller. (Haut.) Il est a son observatoire, en train d'étudier les astres. Je m'en vais vous le chercher, milord.
Approche ! — Oh ! l'argent ! l'argent ! Je songe à étonner le monde, et je retombe sur un tas d'écus ! [A William.) Où est Samuel ?... Allons, où est-il?... ne te le fais pas dire deux fois, où est- il ?
WILLIAM, montrant la cachette.
Il est là, je crois.
Tu crois?
WILLIAM, vivement.
Il est là, il est là!
RICHARD, sondant le mur.
Ah ! ah ! une porte masquée dans la boiserie... — Le secret ?
WILLIAM
Je ne le sais pas... je ne l'ai jamais su, milord.
Comment sais-tu que celle porte existe ?
WILLIAM
Hawkins s'en va herboriser tous les malins...
78 RICHARD IIF.
El il pnsse par Jà?
Oui, milord.
Il y a donc une seconde issue ?
WILLIAM
Oui, milurd.
Et Samuel est caciié enlre celle preniière perle et l'aulre ?
WILLIAM
On ne me l'a pas dit... mais c'est ma conviction.
Conduis-moi à celle seconde porte. Non, demeure. Oix estelle ? comment la trouver ?
WILLIAM
C'est très-facile, milord; aussi facile que d'aller au Préaux-Jeux. {Ouvrant une porte.) Au bout de ce corridor, une salle; on tourne à gauche, une galerie; puis a droite , dix marches d'un escalier tournant; enfin une cour avec un pan de mur renversé qui donne passage dans la rue... Oui,, milord, dans la rue... une brèche à faire passer une légion de voleurs... nous aurions dû êlre dix fois égorgés... Pardon !... à deux p;!S du mur, à droite l'issue en question : une petite porte grise dont voici la clef.
RICHARD, prf nant la clef.
Tu trouves cela facile, toi ? — Tu ne bougeras pas d'ici. Si tu as envie d'être écartelé, tu n'as qu'à laisser s'évader le prisonnier.
(Ttip fausso sortie.)