ACTE IV, SCÈNE Vil. Ub
SCROOP
Damnaiion!... elHawkiiis.
NELLY
Mon père est* gardé à vue par Forresl!
SCROOP
Oh!
NELLY
On lui laissera un inomenl deliberlé pour se rendre au rrndez-vous.
SCROOP
11 y viendra ?
NELLY
Oui, avec le breuvage convenu.
SCROOP
Au rendez-vous, avec le breuvage convenu jel Richard sai{ tout? Ton père est un traître!...
NELLY
Mon père?...
SCROOP, se remettant.
Non... mais écoule-moi, Nelly, écoute- moi... rassemble les souvenirs et pèse tes paroles... Ton père a-t-il voulu l'embrasser avant de sortir? Quel air avait-il ? avait-il l'air de s'observer? I'a4-il regardée en face ? comment t'a-t-il quittée enfin?
NELLY
Il m'a quittée avec un air résolu; il était tendre et grave; il m'a serrée dans ses bras avec une certaine fierté douloureuse, puis il est parti.
SCROOP
Je respire! [Lui serrant la main.) Ton père est digne d'avoir une fille telle que toi !
^16 TJIÇHARD m.
NELLY
Eh bien.' qu'rlteridez-vous ? que failes-vous? Ah! fuyez, fuyez !
SCROOP
Rien n'est encore perdu. A nous deux, Richard! Ah! voilà pourquoi lu me passais si souvent la main autour du cou ! Ah ! tu mets des gants a tes griffes! A nous deux, te dis~jel {A Nelly.) Ce n'est pas une lutte glorieuse .et à armes courtoises que lu verras, c'est une lutte de chat-tigre à chat- tigre qui se câlinent pour mieux se dévorer!
JSELLY.
Vous m'effrayez !
SCROOP, lui prenant la n.ain.
Je l'effraie?... ô héroïque enfant!,.. Et la reconnaissance l'a mise au-dessus de la crainte, et pour me sauver tu risques ta vie! .
NELLY
Je penseàmoi,en vous sauvant!.. .Oui, je veux que tu saches qu'il y a une pauvre fille au monde qui vivra si tu vis et mourra si lu meurs; tu seras plus prudent, tu auras peut-être pitié d'elle !
SCROOP
Tais-loi ! ... il est des êtres prédestinés au bonlieur des autres, et ceux-là vivent sans regarder en eux et remplissent leur mission avant d'écouter les baltements de leur cœur. Tu me comprends, n'est-ce pas? Si lu savais... mon Dieu! .. celte mort que je coudoie sans cesse, cette existence ténébreuse et agitée, non, je n'y veux pas d'un rayon de soleil pour me faire regretter le jour... non !.. . et ce serait une cruauté de secouer les paillettes d'or de l'espérance dans mon chemin douteux !
NELLY, se cachant la tète dans ses mains.
Mon Dieu !