‹ Richard IIIChapitre 23 sur 259 · JOHN · texte numérisé non relu

JOHN

Mon rapport est sérieux, votre altesse... il s'appuie sur des faits.

LEliMEREY.

Comme le mien, milord !

Ï6 RICHARD m.

PATRICK

Comme le mien !

JOHN, continuant vivement.

Richemond est en vue de Devon, — un seul vaisseau, — nous le tenons! tout à coup un homme s'élance dans une mauvaise chaloupe... La tempête redouble d'énergie, n'importe!... Deux cents flèches volent autour de sa tête. Bagatelle!... EnGn, il aborde le vaisseau... une manœuvre s'exécute... le vaisseau vire de bord, et Richemond est sauvé!... Voila l'homme hardi que je signale à votre altesse : trente-cinq a quarante ans, barbe rousse et cheveux roux, une cicatrice au front. LEIMEREY, vivement.

Je ne serai pas moins concis : 26 décembre 1483, les partisans de Richemond sont en déroule ; Saint-Léger et Buckingham, décapités; à Ponfret,GilbertTalbot attend l'heure de son exécution : un courrier arrive avec sa grâce signée et scellée aux armes de votre altesse... il la remet au gouverneur... on les laisse partir... Deux heures après on trouve ce billet dans le cachot : « Raoul de Fulke a délivré Talbot. » Voilà l'homme redoutable que je dénonce : soixante a soixante-cinq ans, grand et voûté, yeux gris.

PATRICK, de même.

Je garantis mon récit sur ma tête. Deux de vos navires chargés de bijoux, d'armes et d'étoffes précieuses ont été capturés presque dans le port de Douvres... Un coup de main hardi : trente contre deux cents! Bref, ces bandits eurent le dessus; la cargaison fut vendue; l'argent envoyé à Richemond, qui grâce à cet appoint a pu mettre sur pied l'armée qui nous menace aujourd'hui. Le chef des corsaires, Raoul de Fulke, vingt-cinq a vingt-huit ans, brun, trapu et borgne.

Ces trois hommes n'en font qu'un. Raoul de Fulke est à Londres, je veux sa tête dans trois jours. Allez!...

(Ils sortent.)

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