‹ Richard IIIChapitre 47 sur 259 · ACTE lî, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE lî, SCÈNE X

LA REiNE.

Expliquez -VOUS, milord.

A Dieu ne plaise que je veaille vous en faire un crime. Vous avez d'abord été unie à Edouard par un mariage secret, quoideplus ordinaire? Ilenirait par les fenêlrescliez vous, quoi de plus simple? Mais un indiscret a tout nalureiieraent pensé que vous étiez sa maîtresse... Le bruit en a couru... bruit injurieux, s'il en fut, et que vous avez voulu faire cessera tout prix.

LA RE^E

J'ai tout simplement souhaité que mon mariage fût connu.

Vos souhaits étaient des lois. Clarence et le comte de Warwick vous présentèrent au conseil des lords, a l'abbaye de Reading. Mais voici ce qu'ils ignoraient : c'est que pour mieux agir sur le cœur d'Edouard, vous aviez substitué la fille d'un brasseur de Graflon a votre premier-né, mort en naissant.

ELISABETH, vivement à la reine.

Ne répondez pas, ma mère ! ne répondez pas !

LA REINE

Vous avez trop d'intérêt a m'accuser, milord; en disant qu'Elisabeth n'est pas la iille d'Edouard, vous vous proclamez l'héritier de la maison d'York.

RICHARD, lui montrant un missel qui est sur une table.

Je n'entends pas vous violenter. Étendez la mai a sur ce livre sacré, jurez que c'est un mensonge, il suflirn, ma sœur.

( La reine va résolument à la table.) RICHARD, bas au moment où elle va jurer.

Vous jurez ?

LA REINE

Qu'espériez-vous ?

Rien; vous vous devez a vous-même de prouver que votre iiUe est l'hérilière d'un trône que j'usurpe, faites.

LA REINE, reculant sous le regard de Richard, à part. Ah! il la tuerait!

ÉLISARETH.

Vous hésitez, ma mère?

LA REINE

Hésiter ?moi?

Jurez donc I

LA REINE, à part.

Il la tuerait! il la tuerait !

ELISABETH

Ma mère !

RICHARD, à la reine.

Eh bien?... Votre sileace est ua aveu, prenez garde.

LA REINE, à part.

Mon Dieu, mon Dieu!

RICHARD, aux lords.

Vous voyez ?

ELISABETH

Ahî c'est impossible! (Prenant la reine dans ses bras.) Elle n'est pas ma mère, elle?...

LA REINE

Belty !

ELISABETH

Oh ! comme il te torture, cet homme !

LA REINE

Belty !

ELISABETH

Non, c'est ainsi que cet homme m'appelle... non, ta fille, ta fille!

(La reine rencontre le regard de Richard.) LA REINE, repoussant Elisabeth.

Betty !

ELISABETH, anéantie.

Mon Dieu! mon Dieu!

Rendez-vous à la chapelle, milords. Les juges du banc du roi vous y suivront. Vous ferez dresser un acte de ce qui vient de se passer. Vous le confierez à sir John Slanghter. J'attendrai ici. Je ne veux être soupçonné d'avoir influencé personne par ma présence. *

RUTLAND, bas à Richard.

Vous êtes un merveilleux joueur, milord. Je vous réponds d'eux.

(Ils sortent, excepté Scroop.)

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