ACTE IV, SCÈNE VH
prends, n'est-ce pas ? Silii savais. .. monDieu !,.. — Cette mort que je coudoie sans cesse, cette existence ténébreuse et agitée, non, je n'y veux pas d'un rayon de soleil pour me faire regretter le jour... non!... et ce serait une cruauté de secouer les paillettes d'or de l'espérance dans mon chemin douteux ! NELLY, se cachant la tête dans ses mains.
Mon Dieu !
SCROOP, lui prenant la main.
Oh ! ne rougis pas !... Mais que veux- tu, mon enfant ? je dois mourir ou les sauver ! (7^ se met à la table de gauche et écrit.) Les hommes comme Richard n'aiment ni ne haïssent, ils soupçonnent. [A Nelly.) Sois tranquille, j'ai mon plan !
NELLY, allant au fond.
Dépêchez-vous, le roi peut revenir !
SCROOP, à part.
Sur qui vais-je détourner ses soupçons? Ah! Dighton! (A Nelly.) Richemond a des partisans dévoués même dans ce camp... ils me prêteraient main forte au besoin !
NELLY
Mon Dieu !
SCROOP, à Nelly.
D'ailleurs, ma hache d'armes est la! {Se levant après avoir cacheté sa lettre.) Nelly, prends cette lettre... elle est de Raoul de Fulke a Dighton!...
NELLY
Raoul de Fulke ? Et c'est vous...
Tu la confieras à quelqu'un, avec ordre de l'apporter sur l'heure ici.
NELLY
Pour la remettre h Dighton ?
SCROOP
Non, il faut que cette lettre soit interceptée ici, dans la tente du roi. Attends! — Tu es belle, adroite... tu as de l'esprit... tu devras séduire Dighton pour dix minutes... tu lui prendras hardiment le bras, et tout en l'enveloppant de la jeunesse et de ta beauté, tu lui glisseras cette moitié de sequin dans son escarcelle...
NELLY, à Scroop, qui se retourne vivement. Quoi donc?
SCROOP
J'ai cru qu'on nous écoutait! (Lui donnant le sequin.) Celle moitié de sequin dans son escarcelle. Ceci fait, lu m'auras sauvé la vie! — Reviens; tu m'attendras derrière ce rideau,
(11 indique le côté gauche. Neily sort.)