ACTE IV, SCÈNE ;X
RICHARD, raillant.
Tu crois ?
SCROOP
Puis, elle doit être transportée aux caveaux des Moines-Gris de Leicesler.
Vraiment?
SCROOP
De là, enlevée et conduite au camp de Richemond... L'heure
du rendez-vous, minuit.
En vérité?.,. Eh bien! tu ne m'as rien appris Scroop, je le savais.
SCROOP
Vous?
RICHARD. • L'élonnante chose, n'est-ce pas? oui, moi, Scroop; et même l'heure du rendez-vous est changée.
SCROOP, vivement. Changée?...
Minuit et demi au lieu de minuit.
SCROOP, se remettant.
Ah! votre altesse est désespérante; on croit l'étonner, et c'est elle qui vous surprend. Mais vous savez sans doute aussi que je suis i'àme damnée du complot ?
RICHARD, surpris.
Toi?
SCROOP
Que j'ai joué au dévouement pour avoir les secrets de la reine; organisé moi-même le plan pour n'en pas perdre un mot?
RICHARD, étonné.
Ah!
SCROOP
Qu'Elisabeth enfin, morte pour tout le monde, et conduite à Grey-Friars, je la fais disparaître sur un signe, si vous le faites , ou je remets les clefs du caveau à votre altesse.., et tout est dit ?
Ah!
SCROOP
Vous l'ignoriez? Eh bien! je vous l'apprends. Votre altesse n'a qu'à parler, je suis prêt.
8S RICHARD m.
Nous avons rôdé une heure ensemble dans le camp...
SCROOP, vivement.
Et je ne vous ai rien dit ?
Pourquoi ?
SCROOP
Vanité , milord , pure vanité. J'avais découvert un complot, je voulais en garder tout l'honneur; j'avais conçu un plan, je voulais l'exécuter; je savais que Raoul devait écrire ou envoyer un émissaire à Dighton, je voulais avoir la lettre ou tenir l'émissaire... c'est ce qui explique mes airs distraits, que Votre Grâce a dû remarquer. Je suivais Dighton de l'œil , j'épiais les uns, je guettais les autres ; enfin je voulais tenir tous les fils, tout le péril, tous les complices, et vous dire: Les voilà, qu'en faut-il faire?
RICHARD, montrant Dighton, qui entre une corde à la main.
Tu t'expliques a temps, j'allais te faire pendre.
SCROOP
Je vous remercie, milord. Quel est le sage qui recommande de retourner sept fois sa langue avant de parler?