TANSHAUSER ET LE VAISSEAU- FANTÔME
travaillant à son ceuvre avec une ardeui fébrile chaque fois que ses occupations multiple^ de chef d'orchestre lui laissaient quelque loisir. Le i3 avril i8/|5, la partition était terminée. L'enthousiasme qu'il ressentait pour son drame était tel que, plus il approchait de la fin, plus il craignait qu'une mort subite ne lui ravît la gloired'ache ver son œuvre • et, quand il eut écrit la dernière note, il se sentit, dit-il, aussi heureux que s'il avait échappé à un danger mortel (1).
En composant Tannhâuserr Wagner avait fait un nouveau pas décisif en avant. Sans doute, il y a entre ce drame et le Vaisseau- fantôme des analogies évidentes. Dans Tune et l'autre pièce, le décor est romantique : les mystères du Venusberg et les enchantements du Vaisseau maudit se font pendant; Wagner intitula môme d'abord son œuvre : « Le Venusberg, opéra romantique ». De plus, les deux drames traitent le même motif fondamental : la rédemption d'un pécheur par l'amour dune vierge. On trouve même dans les deux piècc9T à côté des protagonistes, le rôle secondaire d'un amant malheureux de l'héroïne : Erik d'une part, Wolfram de l'autre. Il n'en est pas moins certain que Tannhâu&er est une œuvre d'une plus haute portée que le Vaisseau- fanlâme. Les personnages y sont plus vivants et mieux caractérisés, l'action extérieure plus pittoresque, plus riche en événements, plu» intéressante au point de vue dramatique. Enfin — et c'est là surtout que se montre la supériorité du nouveau drame de Wagner — ■ l'action intérieure, encore flottante
(i) Ge*. Schr, IV, 279, 28'*. — Le Tannhâuser de ISi-j subit encore <\c-\,\
remaniements important* avant de prendre la forme actuelle. En 1.SV7,
Wagner modifia le dénouement, qui ne comportait prwuitiven.i»:nt ni l'app i i-
" a de Vénus ni l'arrivée sur la s<ène du cercueil d Elisabeth. — Rii 1801,
u*eao remaniement fait eu vue des représentai ions do L'Opûn de Pari- et
jrtant sur la bacchanale et la scêue du !cr acte entre Vénus et Tuunhâusor.
r le discours adressé par le landgrave aux chanteurs, sur le concours des
îoteurs, abrégé et resserré eu vue de l'intensité dramatique, et sur le
Uude du 3° acte. (A. Erust et Poirée, Élude sur Tamifutuser, 18!)."».)