‹ Riche ou pauvre, exposition succincte des causes et des effetsde la distribution actuelle des richesses socialesChapitre 22 sur 86 · DES CIRCONSTANCES QUI DÉTERMINENT, ETC · texte numérisé non relu

DES CIRCONSTANCES QUI DÉTERMINENT, ETC

rapport reste invariable, c'est-à-dire que l'approvisionnement soit toujours une même aliquote du capital : il en résultera que tout accroissement du capital procurera un accroissement proportionnel de l'approvisionnement nécessaire , aussi bien que des matières premières et de l'instrument. Ces trois éléments de la production suivront une marche parallèle. Dans cette hypothèse, il est évident que tout accroissement du capital rendra nécessaire un accroissement proportionnel du nombre des travailleurs, et que, jusqu'à ce que cet accroissement ait eu lieu , le prix du travail, c'est-à-dire l'approvisionnement réel^ atteindra un taux supérieur à celui qui serait nécessaire pour entretenir sans diminution le nombre actuel des travailleurs.

Représentons par 5,000,000 la totalité du capital productif, dont l'approvisionnement forme la moitié , et supposons qu'il soit mis en œuvre par 10,000 ouvriers.

Si ce capital s'accroît d'un million sans que le nombre des travailleurs éprouve aucune augmentation, la quantité consacrée aux matières premières et à l'instrument restera la même qu'auparavant, c'est-à-dire 2,500,000.

iOO DES CIRCONSTANCES QUI DÉTERMINENT

Tout le surplus des 6,000,000 pourra donc être consacré à l'approvisionnement. Ainsi, auparavant, 2,500,000, partagés entre 10,000 ouvriers, donnaient 250 pour le salaire annuel de chacun d'eux; maintenant, ils se partageront 3,500,000 et auront par conséquent chacun 350, somme qui représente le prix du travail.

La première somme suffisait pour maintenir sans diminution le nombre de 10,000 ouvriers, la seconde est nécessaire pour amener ce nombre à 12,000; elle excède, cependant, au premier moment, cette limite, puisqu'elle renferme , outre Tapprovisionnement de 12,000 travailleurs, la valeur des matières premières et de l'instrument qui auraient été mis en œuvre par les 2,000 ouvriers non encore présents. Aussi le décroissement du prix du travail suivra-t-il une marche plus rapide que l'accroissement du nombre des ouvriers. On verra, par un calcul facile, que pour 11,000 ouvriers le prix serait déjà réduit à 275, c'est-à-dire diminué de 55^ tandis que la différence entre les deux nombres de travailleurs ne serait comblée qu'à moitié

La condition des travailleurs pourra donc

LE PRIX DU TRAVAIL. iOl

s'améliorer^ ou se maintenir tolérable, s'ils ont assez de besoins, ou assez de prévoyance, pour que l'encouragement résultant du haut prix du travail reste sans influence sur leur nombre, et que l'accroissement de la quantité de travail offerte ne suive pas une progression plus rapide que l'accroissement du capital.

C'est dans ce sens, et pour cette hypothèse seulement, qu'on a pu dire, avec quelque apparence de raison, que la condition des prolétaires ne dépendait que d'eux-mêmes. Je reviendrai sur cette assertion, qui, appliquée à la réalité des faits , n'est le plus souvent qu'une cruelle plaisanterie.

L'hypothèse, en effet, d'un rapport invariable entre les divers éléments du capital ne se réalise à aucun stage du progrès économique des sociétés. Ce rapport est essentiellement variable, et cela par deux grandes causes, la division du travail et la substitution des agents naturels à la force humaine. Ces deux causes tendent à diminuer la proportion de Tapprovisionnementaux deux autres éléments du capital.

Et d'abord, la division du travail, en augmentant la quantité des produits que l'on

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