SUR LES INSTITUTIONS POLITIQUES
et diviser les forces de l'attaque ; il faudra de nouveau enrégimenter les prolétaires, et les soumettre au joug d'une aristocratie légale.
Aujourd'hui, cette concentration des pouvoirs sociaux est encore possible, et mainte société marche peut-être dans cette direction, tout en croyant développer et perfectionner chez elle le gouvernement représentatif. Le pas est glissant; qu'on y prenne garde! La terreur des riches devient un auxiliaire puissant de toutes les mesures prises contre les pauvres ; mais ces mesures , une fois organisées, fournissent au petit nombre qui gouverne des moyens non moins puissants de perpétuer, d'étendre leurs pouvoirs, de créer des privilèges^ de détruire, enfin, pour les classes moyennes, toutes les garanties que leur offrent nos constitutions actuelles, et que rend si efficaces la présence d'une classe nombreuse de travailleurs libres. Déjà plus d'une fois les classes moyennes ont été victimes de leur égoïsme, et, après avoir concouru à l'oppression des prolétaires, s'en sont vues punies par l'oppression qui s'est appesantie sur ellesmêmes.