‹ RichelieuChapitre 74 sur 196 · Agucchia, i^"' août · texte numérisé non relu

Agucchia, i^"' août

Le gouvernement français ne pouvait en effet retrouver sa liberté d'action au dehors qu'en s'affranchissant des embarras intérieurs; de ce côté^ si Tévénement ne devait pas justifier les espérances de l'Espagne, le moment flivorable pour rejeter ses troupes jusqu'aux frontières du Milanais n'en était peut-être pas moins perdu pour longtemps.

Abjuration du maréchal de Lcsdit'uiercs, depuis longtemps préparée.

— Sa promotion à la connétablie, signe d'une paix prochaine avec les protestants. — Ambiguïté des Mémoires de Richelieu relativement aux intrigues qui traversent son élévation au cardinalat. — Revirement du roi en faveur de Tévêque, coïncidant avec son antipathie croissante pour Condé. — Le nonce fait échec à la candidature de Richelieu. — Correspondance à ce sujet du secrétaire d'État des affaires étrangères et de l'ambassadeur à Rome. — Richelieu cardinal. — Brefs du pape. — Résistance de Montpellier.

— Mansfeld menace la frontière du nord-est. — Le connétable de Lesdiguieres avi camp royal. — Les opérations autour de Montpellier mal conduites par le prince de Condé. — Pourparlers en vue de la paix. — • Fureur et départ du prince de Conde. — Paix de Montpellier.

(Août. — Novembre i(j22.)

Deux taits d'une importance considérable marquent une des phases principales de l'évolution qui, depuis l'arrivée du roi en Languedoc, est en train de s'accomplir dans son esprit relativement à la direction des affaires intérieures et extérieures de l'Etat : la promotion du maréchal de Lesdiguieres à la connétablie et celle de l'évêque de Luçon au cardinalat.

Ces deux événements se préparent simultanément. Le

LESDIGUIERES CONNÉTABLE IO7

nonce avertit le Saint-Siège^ dans une dépêche du 4 juillet, que le roi a de nouveau recommandé Richelieu pour le chapeau, et il ajoute : « Le prince de Condé devient de plus en plus suspect au roi, et la reine mère reprend faveur, bien qu'elle ne soit pas en position d'avoir jamais grande part aux affaires, par la raison que tous les conseillers du roi craignent Luçon, par l'influence duquel elle se laisse absolument gouverner, » Quelques jours après, Corsini fait savoir au cardinal Ludovisi que le maréchal de Lesdiguières est disposé à se faire catholique et qu'il aura la connètablie '.

Nous n'insisterons pas sur les détails très connus de Télévation du maréchal " ; elle était arrêtée depuis longtemps dans la pensée de Louis XIII, et l'opinion publique y était prédisposée ^ Lesdiguières n'avait point voulu de cette grande charge, du vivant du duc de Luynes, et Louis XIII n'attendait plus qu'un moment opportun pour la lui faire enfin accepter. L'heure sembla venue , lorsque le roi fut las du commandement exercé par le prince de Condé sur son armée, et que l'on put prévoir, en même temps que la fin des hostilités contre les protestants, le commencement d'une action militaire au dehors du royaume. Les-

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