J. C. LANGELIER
Surintendant des Gardes-Forestiers
AVERTISSEM.' JT
En parlant de la dernière réunion de l'Association Forestière du Canada, Mgr Laflamme écrivait dans Ze Vérité du 18 mars 1905 :
‘L'Association forestière canadienne s’est réunie à Québec la semaine dernière, Une fois par année, ses membres sont ainsi convoqués pour discuter ensemble les gravds problèmes qui se rattachent, de près ou de loin, à la science forestière,
‘‘ILes journaux français de Québec ont signalé chacune des séances. Ils ont donné es, titres des travaux qui ont été lus, se contentant d'ajouter que tous étaient remarquables, très bien faits, très importants, etc. ; tout l'arsenal des compliments ordinaires. A vrai dire, on aurait pu faire autrement et mieux. L'Association méritait plus que le cortège des banalités accoutumées. Un résumé bien fait de ses travaux eût été tout à fait à sa place dans les colonnes de nos grands journaux, au risque de raccourcir, pour une fois, le chapitre des chiens écrasés, des chevaux à l’épouvante et des meurtres à sensation.
‘‘ Le but que l’ Association vise à atteindre, les efforts incessants que font ses membres pour y parvenir, les succès qu’ils remportent en ce sens, tout cela est de nature à faire réfléchir ceux qui savent regarder et qui veulent assurer l’avenir économique de notre pays. Ce serait de l’aveuglement ou du parti pris que de ne pas le reconnaître hautement. Malheureusement, elle a à lutter contre une lourde résistance d'inertie et d’indifférence, indifférence vraiment inexplicable, quand on sait qu’elle s'occupe exclusivement de nos forêts, en dehors de tout intérêt personnel et de toute influence politique.
‘En effet, elle a entrepris d'arriver à établir une administration entendue de nos bois, de façon à en faire une source perpétuel'e de richesse pour la communauté. Elle s'occupe du débit de nos rivieres, en essayant de trouver les moyens à prendre pour les régulariser et assurer ainsi la valeur des pouvoirs hydrauliques. Elle étudie le reboisement possible des forêts dévastées ou détruites, sans négliger la partie esthétique de la science forestière, c’est-à-dire, l’ornemen-
sie Le
tation de nos parcs et places publiques. 11 est donc difficile d’imaginer un but plus important et d'un intérêt plus général,
‘Ces forestiers travaillent et travaillent ferme, Parcourez les quatre rapports qui contiennent les travaux lus et discutés à chacune des réunions, et vous serez frappé par l'importance des sujets traités, par la science pratique et la justesse des idées dont les auteurs font preuve.
‘Pour ne citer que ce qui a trait à la dernière réunion, toutes les communications avaient bien chacune un cachet remarquable d'actualité. Cependant, celles du Rév. T. W. Fyles sur les insectes nuisibles aux forêts, de M. Low sur le Nord de Québec et le Labrador, de l'honorable W. C. Edwards sur les industries du bois à Québec, de M. J.-C. Langelier sur les ressources forestières de Québec étaient de nature à nous intéresser particulièrement.
‘‘ Le travail de M. Langelier mérite une mention spéciale. 11 était difficile de traiter d'une façon plus complète la grande question des ressources forestières de la province. L'auteur, un des officiers du ministère des Terres, était à la source des documents de première main. Il y a puisé largement, avec le résultat de démontrer au plus récalcitrant que nous sommes peut-être, de tous les peuples du monde, celui qui possède les forêts les plus riches et les plus développées.
"Ce travail, tout à fait remarquable, a été lu en anglais. Nous nous permettrons de suggérer à qui de droit d’en publier une traduction française et de le répandre largement par toute la province, afin d’en faire profiter tout le monde.’’
La publication de cette brochure à pour but de répondre au désir si gracieusement exprimé par Mgr Laflamme, depuis une trentaine d'années professeur de botanique à l’université Laval. Avec la recommandation d’une autorité aussi indépendante et aussi incontestable, il n’y avait guères à hésiter ; la traduction a été faite et livrée à l’impression.
A ce travail lu devant l’ Association Forestière, j'ai ajouté certains renseignements sur les facilités pour sortir le bois de la forêt et pour l'exporter, ainsi que sur nos principaux pouvoirs d'eau. Ces renseignements complètent les autres.