EAUX FERRUGINEUSES
rat
Eau minérale d’'Orezza
(ferrugineuse, manganésifère, acidule, gazeuse)
Situation. — Captage. — Etablissements.
Les sources ferrugineuses fourmillent dans le canton d'Orezza ainsi que dans les cantons limitrophes de Valled’Alesani et de la Porta. Toutes ces sources : la Source Supérieure, Piane, Caldanr, Porta, Pardina, Angeli, Colomba, Rafjalli, Pasteur, Peretti, etc, doivent être ramenées à un type unique, qui est celui de l’eau de la Source départementale. | Cette dernière est située sur la rive droite du Fiumalto, au pied du Mont San-Piedrone, à 360 mètres d'altitude: Elle jaillit dans le canton d’Orezza, dont une quinzaine de communes (Piedicroce, Stazzona, Rapaggio, Caichetto...) s’étagent sur les deux versants de la ravissante vallée du même nom. Leur altitude moyenne de 600 mètres en fait d’agréables séjours d'été, d'autant mieux qu’ils s'élèvent dans une immense forêt de châtaigniers mêlés de hêtres, d’ormeaux et d’arbousiers.
Cette situation de la source offre un double avantage, qui permet de faire simultanément la cure d’air et la cure d’eau. C'est ce qu’exprimait d’ailleurs le docteur Poggiale, membre de l’Académie Impériale de Médecine, à la séance de l’Académie du 20 septembre 1853 : « L'Eau d'Orezza, qui jaillit dans le canton de Piedicroce, à
00 kilomètres environ de Bastia et à une faible distance de la mer, s'échappe d’un rocher et vient se rendre dans une vasque de granit. Cette belle source est admirablement située. De hautes montagnes, couvertes de neige jusqu’au commencement de l'été, l'entourent de tous côtés- Les environs présentent une grande variété de promenades LUE par de magnifiques châtaigniers. Les -montagnes et ‘les vallées offrent à la vue de beaux paysages et des sîtes pittoresques.
«Les eaux d’Orezza se présentent en outre, dans les conditions climatologiques les plus heureuses ; on y trouve la beauté du ciel d'Italie et pendant la saison des eaux une température d’une douceur constante. »
La source départementale, celle qui a le plus d'intérêt thérapeutique, car elle possède tous les éléments des autres eaux similaires et à un degré plus élevé, cette source a été captée à son point d’émergence; l’infiltration
- par les eaux pluviales reste impossible tant les conditions . de captation ont été bonnes. De ce point d'émergence elle
est rendue au point où elle est puisée, par un tuyautage en
verre.
Elle surgit « dans une vasque de granit en forme de
» conque » à l’abri d’un petit pavillon, qui la protège contre - les eaux de pluies. Outre ce petit préau, où les malades viennent puiser l’eau minérale, l'Etablissement compte
- une installation hydrothérapique et un hangar pour l’em-
. bouteillage. Tous ces pavillons sont groupés sur une place - ombragée par de superbes platanes. Le second a été élevé en 1895 : y existent des salles bains confortablement | installées, une salle de douches et une salle de massage.
6 C’est le seul établissement hydrothérapique que l’on puisse citer en Corse.
Les bains ne sont pas donnés comme à Spa avec de l'eau
. minérale, mais avec de l’eau naturelle, car l’eau d’Orezza, . chauffée, perd deux de ses principes les plus utiles par l'évaporation de l’acide carbonique et par la précipitation du
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fer. Le docteur Zuccarelii a observé, et son expérience dans la matière n’est pas des moindres, que l’'Hydrothérapie seconde admirablement l’action de l'eau ferrugineuse.
Le hangar d’embouteillage n’est pas a négliger lorsqu'un praticien visite l'établissement thermal du Département, vu que cette question intéresse directement le médecin. Car dans quelles proportions s’altère l’eau d’Orezza, embouteillée et transportée ? Le docteur Zuccarelli a prouvé que l’embouteillage n’est plus défectueux ; et il répond à la question précédente que l’onse pose nécessairement, par les trois faits d'expérience suivants :
« 1° — Le fer ne dépose plus sur les parois du verre. Des bouteilles remplies le 6 Juin 1895 ont été débouchées devant nous le 8 Août 1899. Klles ne présentaient aucun dépôt de fer, aucune trace de sulfuration.
«2° — L'eau se maintient limpide et elle contient beaucoup plus de gaz qu'autrefois.
« 8° — Quelques bouteilles offrent encore une légère sulfuration, mais ce fait perd de sa fréquence ; à partir de 1902, après les expériences de M. Bonjean, il est devenu très rare, et maintenant, depuis qu’on a recours au lavage au saya, il ne se produit que de loinen loin. »
Caractères Physiques. — Composition chimique
Dans la vasque de granit, où elle est puisée, l’eau bouillonne, pétille et mousse. Sa saveur est aigrelette. Sa température est de 11 1/2 à 15° centigrades. Son poids spécifique est égal à 0,99839. Limpide et transparente, elle se trouble quelque peu à l'air libre ; mais redevient limpide peu après. Assez longtemps exposée à l’air, elle dépose du carbonate de fer ; c'est ce dépôt rougeatre que l’on trouve sur le parcours de l’eau.
Chauffée, elle donne un gaz, absorbé par la potasse, ayant tous les caractères de l’acide carbonique (Thèse
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Manfredi, 1876). Réaction nettement acide, d’ailleurs avec la teinture de tournesol.
Le débit est de cent Litres à la minute et de 144.000 litres en vingt-quatre heures; ce débit reste égal à lui-méme, même pendant les fortes pluies.
L'eau d’Orezza est, de toutesles eaux minérales de la Corse, celle qui est la plus connue ; et sa célébrité ne date pas d'hier. Aussi les analyses «de cette eau sont-elles légion (!k; mais la première analyse complète ne date que de 1853, on la retrouve dans le mémoire de Poggiale, professeur de chimie au Val-de-Gràce. Cette dernière est, elle-même, sujette à caution, car on a analysé l’eau transportée à Paris ; et, en 1853, l’embouteillage était loin d’atteindre le degré de perfectionnement actuel. Aussi, comparez la quantité d’acide carbonique (1 lit. 258 par litre d’eau) trouvée par Pogzgiale et celle (1 lit. 406) que décèle l’analyse (1894) du professeur A. Gautier pratiquée d’ailleurs à Paris. On voit qu’il y à eu une déperdition notable d’acide carbonique pour le premier échantillon.
La toute dernière analyse date de 1900 ; elle est due au docteur A. Labat, ancien président de la Société d’'Hydrologie ; elle a donné le titrage suivant :
Acide carbonique total
(environ 4 volume 1/4....... 2 gr. 50 Acide carbonique li8....,1..5 1.1.1: Oier225 D'où acide carbonique libre........ 2. gr. 45 Garhonate de Chaux: 2: 0.0 0 gr. 500
— (EAN TEEN PANERRREASNREE traces — de: magnésie: ........... 0 gr. 090 —— de protoxyde de fer..... Ogr. 122 — de protoxyde de manganèse . . . . .. traces
(1) En 1776, analyses de Vacher et Castagnoux.
En 1883, celle de Laprévotte, pharmacien en chef de l'hôpital de Bastia.
Æn 1847, celle un peu plus complète d’Henry Ossian. ;
Naudin, dans sa thèse de 1852, offre la première analyse, digne de considération,
Sutfateide ChAUS ET A SMEMMRSERET. 0 gr. 011 Chlorure de potassium ......:...... 0 gr. 022 —— dessodium EAP Jun. 0 gr. 022 AGCITO SHICIQUE APR ARRET ANA 0 gr. 010 — LAPSÔMAUC ARMES ES Te, traces
M. Bonjean, en 1902, a démontré, par l'analyse bactériologique, que l’eau puisée à la source, était absolument stérile, et que celle, livrée au commerce, contenait fort peu de microbes. On trouvera une confirmation dece fait dans le traité de chimie du professeur A. Gautier.
Que vaut l’eau d'Orezza comparativement aux autres eaux similaires? Les tableaux suivants accordent une supériorité manifeste à notre eau ferrugineuse.
1/ EAUX FERRUGINEUSES CARBONATÉES
Bicarbonate de Fer p. 1000
Orezza (COFSC) ARR ER RER PERLE EE 0,128 LaBauche (SAvOIe) APS ER 0,078 Renlaigue (Puy-de-Dôme)..... te em Re OS BusSAnp (NOSSeS MR Re RE 0,0029 ” POUSUES AINIÈNTE) AE ER E ae OU Neyrac EATUSChO) ET Re PERPeE 55 0/080 Rennes, source Pontet (Aude). :...... O,0108 Spa, source Pouho Pierre-le-Grand | BOT ie) TERRES 0.112 SCRWalbach (Nasa) 2 0,08 PyYPMONtUPLUSSONS PRE 0,077
Saint-Moritz, source Altiquelle (Suisse) 0,032 Saint-Moritz, source Paracelsi (Suisse) 0,038 SFarASp'(SUISS6) A SERRE 0,045
2/ EAUX FERRUGINEUSES CRÉNATÉES
Forges-les-Eaux, source Cardinal (Seine-Inférieure