‹ Richesses Thérapeutiques de la CorseChapitre 20 sur 42 · PA EE · texte numérisé non relu

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molles, les organes abdominaux engorgés, le foie et la rate tout spécialement ; leur teint est jaunâtre, terreux. J’ai vu ces mêmes malades revenir des eaux d’Orezza dans un état des plus satisfaisants ; le teint avait changé, l’état général s'était modifié plus rapidement qu’on n’aurait pu l’espérer, l’appétit s'était bientôt réveillé, les digestions se faisaient sans peine ».

Aujourd’hui encore, on utilise, dans ia Plaine Orieatale, l’eau d'Orezza comme eau de boisson, pour éviter les atteintes de la malaria ou pour en mitiger les méfaits.

Les maladies infantiles, telles que le Rachitisme, le lymphatisme, l’hérédo-syphilis seront heureusement influencées, car toutes sont anémiantes. On enverra à Orezza les jeunes filles de 8 à 10 ans, de constitution débile.

La question de la stérilité passionne encore les opinions médicales. Le docteur Henri Lamarque (de Bordeaux) et le docteur Pascal Zuccarelli ont trouvé une explication fort ingénieuse et qui peut à la rigueur répondre à la réalité : pourquoi, disent ces éminents praticiens, chez une femme débilitée, présentant de l’atonie ovarien ne, l’eau d’Orezza n’amènerait-eile pas la possibilité de procréer, « en congestionnant les ovaires, en les excitant, en améliorant leur état physiologique ».

Il est d’ailleurs, en Corse, un dicton populaire « que toute femme stérile, après être allée à Orezza, est une femme qui peut faire des enfants » ; mais il est une anecdote, se rapportant à un vieux patricien d’Orezza même, le docteur M..., qui vous permettra un léger sourire teinté de scepticisme. Un bourgeois, frisant la cinquantaine, dodu, bedonnant, probablement ronflant haut la nuit, ayant certainement ie sommeil lourd et facile, eut un jour, sa petite vie troublée. Il était tenaillé par le vif désir de se prolonger ici-bas, car vingt ans de mariage ne lui avaient pas donné d’héritier. Il s’en fut donc trouver le docteur M..., réputé pour l’utilisation habile qu’il faisait de l’eau d'Orezza. Le patricien écouta ses doléances, ses récrimi-

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nations contre la Destinée, puis il répartit avec un de ces sourires, qui semblait viser la simplicité du cas : « Envoyez votre dame à Orezza ; vous, restez ici, où vous réclament vos affaires ; d’ailleurs l’eau d’Orezza vous serait même nuisible... » On ne dit pas si ce bourgeois fut heureux ou malheureux, ni de quelle façon.

L'Eau d’Orezza, précisément parce qu’elle est un agent thérapeutique d’une puissance incomparable, doit être administrée souvent avec prudence, car elle offre des contre-indications absolues. Elle est à déconseiller :

1. — Chez tous les sujets pléthoriques, et dans toutes les affections aiguës, quelles qu’elles soient ;

2. — Dans les affections néoplastiques, surtout avec métastases viscérales ;

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