‹ Richesses Thérapeutiques de la CorseChapitre 9 sur 42 · AJACCIO · texte numérisé non relu

AJACCIO

Nice a été surnommée la Belle; on peutêtre plus dithyrambique encore : on dit Ajaccio, la Blanche. Et, elle est si blanche qu’elle semble resplendir de l'éclat de gloires immortelles. Comment ne le serait-elle pas ? Elle baigne dans les flots bienfaisants d’une tiède lumière, qu’un soleil éternellement radieux verse à profusion.

Coquettement assise au fond de son magnifique golfe d'un pourtour de 50 kilomètres, elle réalise, comme l’a dit le Professeur Landouzy, le type de la station hivernomaritime. :

Elle est bâtie sur un sol granitique : ce qui exclut des rues la boue et la poussière, et, la possibilité d'infiltration par les eaux ou les micro-organismes.

Une ceinture de hautes montagnes mettent Ajaccio à ’abri de toute ventilation inclémente ; on ne jouit que de la brise du golfe qui est une délicieuse caresse. Le cielest si bleu qu’il en est plus profond, les nuages et le brouillard l’abaissent fort rarement au point que M. Guérin, directeur de l'observatoire météréologique, a constaté quele ciel n’avait été nuageux que 40 jours en un an.

D'ailleurs l'hiver apparait plus printanier encore par la suggestion d'un contraste siintense qu’il s'impose aux regards émerveillés. Tout au fond du golfe le Monte d’Oro (2391 m.) dresse sa cime altière : à Ajaccio le printemps rieur, tout là-haut les frimas éternels: ici la végétation luxuriante des tropiques, là-haut, l’aridité sibérienne..

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Que ce spectacle soit peut suggestif, mais alors, pour vous édifier sur la douceur climatérique d'Ajaccio, jetez les yeux sur les verts orangers porteurs de fruits d’or, sur les puissants palmiers aux branches longues et gracieusement curvilignes, qui ornent les avenues et les places ; et, dans les environs, les figuiers d'Inde et de Barbarie, les aloès et les cactus bordant la corniche ajaccienne, en somme bief des représentants de la flore des pays chauds, qui exigent, pour s’acclimater, des conditions climatériques telles que celles que leur offre Ajaccio.

Mais, pour les esprits rétifs, citons des chiffres.

La i° hivernale moyenne, huit années durant, de 1900 à 1907, a atleint 12, 8; les froids les plus rigoureux font osciller le thermomètre autour de 115. De 9 h. du matin à 4 h. du soir, la L° moyenne est de 14 degrés et demi. Peu de variations barométriques : la colonne mercurielle n’oscille que de quelques millimètres autour de 760. Pluies rares et peu abondantes, comme l’a observé Ie docteur Pompéani, qui a publié sur Ajaccio (station d'hiver) des ouvrages dignes de considération.

Que l’on consulte maintenant le tableau suivant, où sont relatées les températures moyennes des multiples localités réputées pour la douceur de leur climat :

To hivernale moyenne

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AE, REP ESENOIPRIR TRE ES 2 CAP SRI PES ER 90,4 NICE RM MR ER ne rt Le 95 MOHACO PAL EDEN AT ANR Pons e 90,9 Lao perte) se our as 100,3 POLE NO TA N R e rnne 10°,6 Menton et Beaulieu: :::...:........ 41°

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Ajaceio (Corse) orme pet Le RTE 10/0

AÏSOP SE. LS RER EE Lu 14,3 Egypte (Le Caire ess. us 14,4

Peut-on dès lors comparer Ajaccio aux stations hivernales à la mode ?

Les docteurs Fenandi et Pompeani ont pu dire que le climat d’Ajaccio est très doux et uniforme. Et le professeur Hayem dit dans son « Traité de thérapeutique » : « Le climat d'Ajaccio tient le milieu entre celui d'Alger et celui des cètes de la Provence. Il produit une action tonique et sédative et mériterait d'être mieux connu et plus exploité ».

Bien des affections sont justiciables du séjour hivernal à Ajaccio ; mais les tuberculeux sont les malades à quiil sera le plus profitable. Air pur, doux et oxveëné, peu de variations d'une brusquerie préjudiciable : voilà les caractéristiques du climat: les appareils de chauffage deviendront inutiles dans la chambre du malade, dont la fenêtre pourra rester ouverte toute la nuit: enfin, avantage inappréciable, on pourra pratiquer sans discontinuité la méthode héliothérapique, car Phœæbus est rarement infidèle.

Dans les affections chroniques de l'appareil respiratoire (rhino-pharyngites, laryngites chroniques, bronchites emphysémateuses) et dans les tuberculoses locales, on pourra joindre la cure hyäro-minérale, car Caldaniccià (eau sulfureuse sodique thermale) offre à 20 minutes d'Ajaccio l’eau minérale justement indiquée dans les états pathologiques précités.

Le diabète arthritique, la neurasthénie à forme dépressive, les anémies coloniales, voilà autant de cas qui seront influencés.

On peut añirmer que ce climat, « si souple, si uniformément lempéré », n'a pas de véritables contre-indications, sans cependant vouloir assurer le succès thérapeutique dans n'importe quelle affection.

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Et nous ne trouverons pas de meilleure conclusion à notre étude sur le climat d’Ajaccio que l’opinion de M. le Professeur Landouzy, exposée dans une communication au Congrès de Berlin : « La baie d’Ajaccio n’a rien à envier à la Riviera. Egalité de douceur de climat, végétation tropicale, sol granitique impunément piétiné, sans poussières, absence de moustiques, atmosphère chargée de senteurs dromatiques exhalées des bruyères, des cistes, des lentisques et des myrtes, abri contre les vents froids, exposition au sud-est, telle est la caractéristique d’Ajaccio, qui, le long d’une belle route en corniche s'étendant de la ville aux Iles sanguinaires, donnerait place à une merveilleuse allée de home-sanatoriums»

Nous citerons comme stations hivernales susceptibles plus tard de seconder Ajaccio pour hospitaliser tous les malades qui devraient aller recouvrer leur santé sous le ciel de « l'Ile de Beauté » :

1) Cargèse à 51 kilomètres d’Ajaccio, au fond du golfe de Sagone. Plus ventilé qu'Ajaccio (vents d'ouest et sudouest) ; même climat, hormis cette dernière particularité.

2) Macinaggio, Erbalunga, Centuri, Pruneté, Alistro Casabianda... etc. toutes situées sur la côte orientale, qui, dès qu’elle sera assainie (cela ne peut tarder), n’offrira plus les dangers du paludisme. Dés ce jour, on pourra dans cette plaine, d’une fertilité proverbiale, élever des sanatoriums où les malades séjourneront de décembre en février.

BASTIA. — (Station d'hiver)

Si nous avons hésité à classer Bastia, qui est cependant le plus peuplé et le plus important de la Corse, c’est que cette ville est exposée au libeccio, vent du Sud-Ouest, qui y souffle assez souvent avec une violence inouie.

Néanmoins les relevés thermométriques doivent nous faire oublier ce léger inconvénient. C'est ainsi que la température hivernale moyenne est de 13°,6; la température moyenne des trois mois les plus froids (décembre, janvier, février) est de 12°,4; la température minimum moyenne est de 120,2. Les pluies y sont assez rares; la moyenne de la pression barométrique est de 760mm,7.

Ainsi, malgré cette ventilation désavantageuse, Bastia offre au plus rude de l'hiver, une situation, «où lon jouit d’une température de printemps, où l’on voit presque toujours resplendir les rayons d’un soleil radieux et l’azur d’un ciel serein ».

On recommande cette station pour les affections suivantes : l’anémie, le lymphatisme, le rachitisme, le rhumatisme chronique, la faiblesse coloniale et toutes les maladies chroniques de l'appareil respiratoire. On évitera d'y faire séjourner : les tuberculeux avec hémoptysies, les goutteux ea pleines crises, les cardiopathes décompensés et les rhumatisants aigus.

Néanmoins Ajaccio reste la première station hivernale de la Corse ; mais Bastia, possédant des hôtels confortables et absolument modernes, pourra recevuir, non seulement les touristes, mais même les hivernants,

Stations climatériques d'été

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