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Ricord

La famille de Philippe Ricord est originaire de cette ville du Midi qui a eu l’honneur d’inspirer au cardinal de Richelieu le fameux calembour en action que tous les mémoires du siècle de Louis XIII offrent comme modèle du genre.

Nous ne savons plus quel abbé sans bénéfice lut, un soir, à Son Eminence une

paraphrase latine du Bénédicité , si remarquablement faite, que le ministre lui accorda sur-le-champ l’évêché de Grasse.

Le grand-père du héros de ce livre était un médecin distingué de l’hôpital de Marseille, et l'héritage de son talent se transmit à ses petits-fils, en sautant par dessus une génération, carie père de Philippe avait pris en haine Hippocrate et Galien. Jamais on ne put ramener à cultiver la science médicale. Il préféra le commerce. En 1785, on le citait au nombre des plus riches négociants marseillais.

Bientôt il devint le premier armateur de la Compagnie des Indes orientales et occidentales.

Mais la révolution survint et le ruina de fond en comble.

Dans l’espérance de rétablir sa fortune, il quitta la cité phocéenne et fît voile vers

les États-Unis, où la république naissante grandissait au milieu d’un large développement commercial, tandis que l’Angleterre, oubliant presque son génie industriel, épuisait son or et son sang à vouloir comprimer l’éruption du volcan révolutionnaire.

L’émigré se fixa à Baltimore, une des places maritimes les plus considérables du Maryland. Ce fut dans cette ville que naquit son fds Philippe, le 10 décembre

L’éducation de l’enfant fut confiée à un de ses frères, plus âgé que lui et nommé Jean-Baptiste. Ce dernier suivait déjà la noble carrière de son aïeul. Il avait pris le diplôme de docteur en médecine à la Faculté de New-York, et devait plus tard se distinguer comme savant naturaliste et comme philologue érudit. Jean-Bap-

tiste Ricord est auteur d’une grammaire anglaise qui est longtemps restée classique dans les établissements d’instruction du Nouveau-Monde. Il a publié un volume intitulé Histoire et recherches expérimentales sur les 'plantes vénéneuses des Antilles. Sous un pareil maître, les sciences naturelles devaient occuper une grande place dans les études de Philippe Ricord. Cependant, à cette époque, rien chez lui ne faisait présager de l’aptitude pour la profession médicale. Il était enjoué, vif, ardent au plaisir : penchants aimables, sans doute, mais qui n’indiquaient pas l’ombre de vocation pour un état où la gravité semble aussi nécessaire que la science.

On l’aurait cru destiné à la vie folâtre ou à l’aventureuse existence du soldat plutôt qu’aux habitudes austères du savant et du médecin.

Cet enfant rieur était doué d’un esprit ingénieux et d’une intelligence précoce.

Un autre de ses frères, également son aîné, partageait ses études et se préparait aussi à suivre la carrière de la médecine, où plus tard, sans s’élever à la hauteur de son cadet, il arriva néanmoins à tenir un rang distingué.

Nos trois frères, également passionnés pour l’histoire naturelle, avaient aussi le même entraînement vers l’observation immédiate et directe. Au lieu de puiser dans de gros livres contradictoires une science problématique, ils prirent le parti de former une caravane d’exploration dont le commandement échut de droit à l’aîné.

Les voilà partis. Tour à tour ils visitent le Canada, les Etats de l’Union et l’archipel columbien, récoltant un véritable trésor de botanique et de zoologie, sans parler

d’ooe foule de connaissances précieuses dont ils enrichissaient en meme temps leur esprit.

Ces excursions scientifiques ne servirent pas seulement à l’instruction des frères Ricord, elles décidèrent tout à coup de l’avenir des deux cadets.

Un naturaliste de mérite, Lesueur, compagnon de voyage du capitaine Duperrey, qui avait fait le tour du monde, explorait les mêmes pays en même temps qu’eux et dans le même but. Le hasard les mit en présence, et la similitude des travaux,, jointe au souvenir de la mèrepatrie, les lia d’une étroite amitié.

Vers la même époque, Hyde de Neu~ ville, ambassadeur de France, fut chargé de réunir plusieurs objets d’histoire naturelle qui manquaient au muséum de Paris. Il crut devoir s’en remettre de ce soin

au compagnon de voyage de Buperrey. Lesueur pria les frères Ricord de le seconder dans ses recherches et les présenta tous les trois à Hyde de Neuville, qui agréa leurs services, au nom de la France, et leur promit sa protection. Cette promesse ne fut pas illusoire. Alexandre et Philippe Ricord, toutes les recherches terminées, furent choisis par l’ambassadeur pour apporter à Paris la collection d’animaux et de plantes demandée par le muséum.

On était en 1820.

Les deux jeunes gens mirent à la voile, emportant pour toute fortune leur bagage scientifique, avec une lettre de recommandation de l’ambassadeur pour Cuvier.

Depuis un an, Philippe Ricord avait commencé pes études médicales à Philadelphie, sous la direction du docteur Rousseau, partisan chaleureux des doctrines

de Broussais, et qui, dans ses ouvrages, s’obstinait, comme le maître, à nier l’existence du virus syphilitique.

Rousseau bannissait entièrement la médication mercurielle.

S’il eût prévu la révolution que devait un jour accomplir son élève dans le système, il ne lui eût peut-être pas souhaité d’aussi bon cœur la gloire et la fortune, au moment où il le vit s’embarquer pour l’Europe.

Hyde de Neuville, délicat protecteur des frères Ricord , avait recommandé fortement qu’on les nommât conservateurs du petit cabinet d’histoire naturelle qu’ils avaient recueilli en Amérique. Cette place partagée était presque une sinécure. Elle comportait des émoluments passables ; mais comme le partage s’étendait à ces mêmes émoluments, Philippe manquait

de ressources suffisantes pour achever ses études médicales, fort dispendieuses en France, ainsi que chacun le sait.

Le jeune homme avait foi dans son avenir, et cette foi était aussi robuste que sa bourse était légère. Il essaya de mettre à profit ce qu’il savait pour augmenter un peu ses finances. Versé dans la langue anglaise, il trouva moyen d’enseigner cette langue dans plusieurs pensionnats du quartier latin ; puis il se mit à traduire quelques ouvrages anglais sur l’histoire naturelle pour le Magasin encyclopédique de Férussac.

Un autre capital, non moins précieux que le numéraire pour la jeunesse studieuse, manquait aussi à Philippe. C’était le temps.

Il sut en emprunter au sommeil qui, dans la jeunesse, a de si impérieuses exi-

gences. D’abord le sommeil refusa de se prêter à cette détermination héroïque ; mais il fut obligé de céder devant les moyens que Philippe mettait en œuvre pour le combattre. Grâce à un régime soutenu, notre jeune étudiant parvint à ne dormir que cinq heures sur vingtquatre, tout en se maintenant dans un état de santé parfaite.

Malgré tant d’efforts et malgré la volonté bien énergique de parvenir, il ne voyait pas s’améliorer sa position financière.

Hyde de Neuville, de retour à Paris, lui proposa la place de voyageur naturaliste attaché à l’ambassade; mais le jeune homme ne crut pas devoir accepter cette olfre qui l’eût contraint de renoncer à la carrière médicale.

Il avait dans Cuvier un second protecteur. Cuvier lui conseilla d’entrer comme

élève chirurgien à l1 hôpital du VaLde- Grâce, où Broussais et la saignée, l’un prêchant l’autre, brillaient de toute leur gloire. Mais, comme si le destin eût voulu éloigner de Broussais un homme qui devait un jour battre en brèche sa doctrine et en prouver l’insuffisance, Ilicord ne demeura que trois semaines au Val-de~ Grâce et fut admis en qualité d’élève externe dans le service de Dupuytren à l’Hôtel-Dieu. Huit mois après, il obtint au concours sa nomination à l’internat.

Le maître avait déjà pu apprécier les remarquables facultés de son élève, lorsqu’une innocente plaisanterie de Philippe vint jeter entre eux les premiers germes de mésintelligence.

Dupuytren faisait un jour à sa clinique l’histoire d’un malade mort à la suite d’un delirium tremens.

— Je ne le trouve pas très-mince , dit Ricord à demi-voix, puisque le pauvre diable en est mort!

Le grand chirurgien n’était pas d’une humeur joviale. Il fut outré de ce calembour et interrompit sa démonstration pour s’écrier d’une voix terrible :

— Monsieur, il faut opter entre mes leçons ou celles d’Odry!

Plusieurs fois des scènes semblables se renouvelèrent, mais sans amener de rupture complète. Un sujet plus grave la détermina. Ce fut à l’occasion de la pince à forceps, inventée par le maître lorsqu’il créa ou s’imagina créer l’opération de l’entérotomie. Dupuytren voulut connaître les travaux de ses devanciers sur la matière. Il chargea, dans ce but, Philippe Ricord d’analyser ceux du docteur américain Physick, qui s’en était occupé spécialement et

dont les expériences avaient obtenu du succès. Notre interne, mauvais courtisan, prit pour épigraphe de son travail ces mots d’un ancien :

Amiens P lato , sedmagis arnica veritas.

Puis il établit sans réplique possible que l’idée qui avait conduit son maître à l’entérotomie appartenait au médecin de Philadelphie, et que Dupuytren ne pouvait par conséquent en réclamer la priorité.

Cette conclusion victorieuse fut extrêmement désagréable au prince de la science. Il eut avec son élève une discussion assez vive à la suite de laquelle ils se séparèrent pour toujours.

Philippe Ricord entra peu de temps après à la Pitié dans le service deBéclard, docteur célèbre par son application debanatomie à la chirurgie. Béclard mourut

peu de temps après et laissa la place libre à Lisfranc, dont voici une silhouette tracée de main de maître. Nous l’empruntons à la plume du docteur Félix Roubaud.

« Malgré la rudesse de ses manières, la vivacité de ses paroles et les emportements de son esprit, Lisfranc unissait à un caractère de franchise et de loyauté que n’ont pu contester ses ennemis le cœur le plus compatissant et le plus généreux. Il était, sous ce rapport, le type du soldat français; il en avait conservé les formes dans son Manuel opératoire , et je le vois encore devant la jeune génération médicale, commandant une opération comme on commande l’exercice, la divisant en temps et en mouvements tout à fait militaires, c’est à dire tout à fait exacts, et électrisant avec ces habitudes toutes nouvelles les étudiants qui suivaient sa clinique. »

Ricord, séduit parla précision des mé-

thodes opératoires de son nouveau maître, sympathisait avec ce bourru bienfaisant.

Sa rancune contre Dupuytren doublait pour ainsi dire cette sympathie.

Lisfranc ne désignait jamais le chirurgien en chef de THotel-Dieu que par cette qualification pittoresque : le grand boucher du bord de Veau , et Philippe la répétait après lui plutôt dix fois qu’une. Il s’attacha de cœuretd’ame à l’illustre opérateur de la Pitié, prôna son système, adopta tous ses principes et devint son prosecteur. Ce fut sous sa direction qu’il termina le temps de son internat.

Après s'être distingué dans un nouveau concours pour les prix de TÉcole il fut reçu docteur en médecine le 5 juin 1826.

Mais alors reparut la détresse financière.

1. Il avait obtenu deux autres nominations à l’École pratique.

Gomme la plupart des débutants, il manquait tout à fait de clientèle. Aux prises avec le besoin et n’ayant pas même la possibilité de vivre à Paris, il alla demeurer à Saint-Martin-d’Olivet , petite ville de trois mille âmes située à une lieue d’Orléans. Sa retraite en province o était que le résultat d’une impérieuse nécessité.

L'année suivante il revint concourir à Paris pour une place de chirurgien dans les hôpitaux. ïl échoua.

Le découragement s’empara de son esprit. Pour la première fois il douta de l’avenir et n’eut plus de confiance en sa destinée. Quittant de nouveau la capitale où la fortune se montrait pour lui si rétive, il alla s’établir à Crouy-sur-Oureq, près de Meaux, décidé à ensevelir ses beaux rêves de gloire dans l’existence monotone et pleine de fatigues du médecin de campagne.

En très- peu de temps sa clientèle fut nombreuse et son cœur se rouvrit à l’espérance.

La misère a des découragements qui brisent les facultés les plus nobles; mais le succès retrempe l’âme et lui donne une vitalité nouvelle. Dans la position presque brillante qu’il s’était faite à Crouy-sur- Ourcq, Philippe Ricord oublia son premier échec et n’aspira qu’à l’occasion de prendre une revanche éclatante. Cette occasion ne se fît pas attendre.

Un concours fut ouvert par le bureau central.

Notre docteur campagnard accourut une seconde fois à Paris et se fit inscrire. L’événement prouva qu’il n’y avait aucune présomption dans sa persévérance, puisqu’il obtintla première place sur de nombreux concurrents, parmi lesquels fîgu-

raient MM. Laugier, Bérarcî, Guersault fils, Philippe Boyer et vingt autres. C’était un premier pas vers la fortune, mais ce n’était pas la fortune elle-même. Le succès définitif se fit attendre jusqu’en 1831.

Jusque-Là notre héros vécut à Paris tant bien que mal des revenus d’une clientèle restreinte et du produit d’un cours payant sur la chirurgie qu’il faisait cà la Pitié. Enfin la mort du docteur Brard rendit vacante une place de chirurgien à l’hôpital du Midi. Par un de ces hasards providentiels qui semblent réservés aux intelligences d’élite, Ricord, sans démarche préalable et sans recommandation d’aucune sorte, fut désigné pour la remplir.

Un horizon immense se déroula tout à coup devant son esprit investigateur. La maladie au traitement de laquelle est exclusivement consacré cet hôpital est un

fléau d’origine mystérieuse qui, depuis trois cents ans, n’a cessé de ronger les flancs de l’humanité.

Apparue au siècle des grandes découvertes qui changèrent la face du monde, au siècle inventeur de la boussole, de la poudre à canon , de l’imprimerie ; au siècle qui a deviné l'Amérique et qui est allé la chercher intrépidement par delà l’immensité des mers, on dirait que, renouvelant le vieux mythe de Prométhée, cette maladie terrible fut l’insatiable vautour qui fondit sur l’homme pour le punir d’avoir arraché au ciel ses plus vifs rayons, ses plus merveilleux secrets. Longtemps regardée comme incurable et comme une des causes principales de la dégradation, non-seulement de l’individu, mais encore de l’espèce, la syphilis causait de si épouvantables ravages, que, sans remonter trop haut dans notre histoire, nous trouvons

inscrits à son chapitre les actes de décès de François ïer et de Louis XV.

Elle resta jusqu’à Philippe Piicord une des branches les plus confuses de l’arbre nosologique.

Les anciennes doctrines en avaient fait un inextricable chaos. Broussais persista jusqu’au bout à n’y voir que le produit d’une inflammation normale ; il prétendait guérir par de simples applications de sangsues les personnes qui en étaient atteintes.

Évidemment tous les esprits sages n’étaient pas tombés dans les erreurs de l’école physiologique; mais les dogmes de cette école avaient eu un retentissement prodigieux dans le monde savant.

Ricord, étudiant les auteurs qui s’étaient occupés de cette maladie, et frappé de leurs dissidences autant que de l’impuis-

sance de leurs doctrines à éclaircir les obscurités, résolut de tout soumettre à une observation nouvelle. Un vaste champ s’offrait à ses recherches. L’hôpital du % Midi renfermait alors le cadre complet de la pathologie syphilitique : les hommes, les femmes, les enfants et les nourrices s’y trouvaient à la fois réunis. Notre docteur se mit à l’œuvre.

Il recueillit des milliers de faits; il les examina sous toutes leurs faces, les rapprocha les uns des autres et les soumit à l’examen le plus attentif, cà la comparaison la plus scrupuleuse. Au bout de cinq ou six années de ce patient travail, on vit s elever, à la grande surprise de la Faculté de médecine, un édifice entier, complet de la base au couronnement ; un admirable système, à l’aide duquel il était facile de remonter à la source de la vérité, tout en

harmonisant les disparates qui semblaient les plus choquantes.

Nous n’avons pas à exposer ici la doctrine de Ricord.

Afin de rester dans notre compétence, bornons-nous à dire qu’il a rendu un service énorme à l’art médical et à l’humanité, en prouvant d’une manière irréfragable par l’inoculation, système emprunté du chirurgien anglais Hunter, l’existence du virus syphilitique.

Quelques personnes ont blâmé le savant scrutateur de ses moyens d’investigation. Sans doute elles ignorent que, ne s’écartant jamais des lois de la prudence, il n’a inoculé le virus qu’à des individus déjà malades, et dans le but de rendre patent le caractère de leur affection. La seule personne en bonne santé à laquelle Ricord, entraîné par l’amour de la science,

ait communiqué ce mal effrayant, c’est sa propre personne.

Des accidents assez sérieux furent le résultat de ce dévoûment plein d’héroïsme.

On doit encore à l’homme illustre dont nous racontons la vie d’avoir généralisé, pour le diagnostic des affections spéciales soumises à son étude, l’emploi du spéculum, que Récamier avait si heureusement exhumé du vieil arsenal de la chirurgie.

Philippe Ricord introduisit un des premiers en France l’iodure de potassium qui exerce une action toute-puissante sur les hideux accidents tertiaires de la syphilis et un effet non moins énergique dans une infinité d’autres maladies. Il n’aurait fait qu’enrichir la thérapeutique de ce médicament, qu’il aurait mérité la reconnaissance éternelle de son pays et de l’humanité tout entière.

Tout réformateur a des partisans qui le portent aux nues et des antagonistes qui le dénigrent.

Beaucoup de nullités n’arrivent, d’ailleurs, à obtenir un certain reflet qu’en s’attaquant à des maîtres connus : système absurde de sottise et d’orgueil qui consiste à prendre le contrepied d’une doctrine et à la combattre, quand même et toujours, par le paradoxe et la mauvaise foi.

Lorsque le docteur rencontrait des ennemis de ce genre, il disait :

« — De cela je ne suis ni étonné ni indigné, J’y trouve au contraire une excitation nouvelle pour continuer mon œuvre; et, loin de me plaindre de mes adversaires, je les remercierais plutôt de ne pas laisser s’allanguir mon zèle en le tenant en éveil. »

Ricord a publié nombre d’ouvrages du

plus grand mérite, sans compter une multitude d’articles insérés dans les journaux de science et beaucoup d’écrits dont s’enrichissent les mémoires de V Académie de' Médecine. En 1836, son traité sur l’emploi de la pommade mercurielle dans le traitement des érysipèles obtint de Fins» titut une mention honorable, et, deux ans plus tard, le Traité pratique des maladies vénériennes mérita une médaille d’or au concours des prix de l’Académie des sciences 1.

Mais, chose bizarre et qui ajoute un chapitre de plus au grand livre des contradictions humaines, un des principaux

antagonistes du savant chirurgien a obtenu de la même académie une récompense analogue pour avoir dit précisément le contraire et pour avoir tenté de démolir

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