‹ Rideau a huit heuresChapitre 10 sur 75 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

MADAME PAGE, seule.

C'est un original, mais sa vivacité ne me déplaît point. Il a la réputation d'être loyal et chevaleresque, et si l'on n'avait pas tant parlé de ses aventures. . . On a été peut-être plus loin que la vérité. Cependant il a été positivement au mieux avec madame de Fermont. Elle est bien jolie, et, après tout, elle ne l'aurait point distingué s'il eût été un homme ordinaire. J'ai entendu dire que M. Thémines s'était très bravement conduit pendant la guerre ; cela lui a valu d'être décoré. Mais le serment que j'ai fait à la mémoire de M. Page : une fois et plus jamais. Il y a cinq ans, à la vérité. . . Folle que je suis de prendre au sérieux les déclarations de M. Thémines!... Luimême n'a peut-être voulu faire qu'un jeu d'esprit. Quel âge peut-il avoir? Trente-cinq ans. J'en ai trente. — Encore... Laissons cette idée. Je voudrais pourtant savoir au juste ce qu'il en est de cette liaison avec madame de Ferment. Elle a de la grâce et du piquant, mais, sans me flatter, ma figure vaut la sienne. Vais-je être jalouse, et de quel droit? Ce serait avouer que ce cœur si fier a

baissé pavillon. Et cela parce que le hasard a conduit ici M. Thémines, que je m'y suis trouvée en même temps que lui, qu'il a eu envie de cet appartement, et qu'il m'a débité quelques galanteries banales. Fi donc!... Madame Page ne se rend point ainsi.

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