ACTE II, SCÈNE
Arsène.
Vous êtes bon, mais sur quoi voulez-vous que j'aie changé d'avis ?
Le Directeur.
Vous avez refusé de donner une explication quelconque qui pût rendre moins odieux le crime dont vous reconnaissez vous être rendue coupable. Peut-être réservez-vous ces éclaircissements pour votre défense publique ?
Arsène.
Je n'ai point d'explications à donner ni maintenant ni plus tard. J'ai fait l'aveu de mon crime dont je subirai toutes les conséquences. La justice humaine n'a rien de plus à exiger de moi. Le Directeur.
A votre âge, avec un passé que l'on dit irréprochable, vous pouvez tout espérer de l'indulgence du jury, surtout si votre défense, présentée par un avocat habile...
Arsène.
Je ne me reconnais aucun droit à l'indulgence, et comme je l'ai dit à M. le Président, je ne veux point être défendue.
Le Directeur.
La loi ne permet pas à l'accusé de se passer d'un conseil. A défaut de son propre choix, elle
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commande de lui nommer un défenseur d'office, et vous verrez aujourd'hui même celui que M. le Président a désigné pour vous assister.
Arsène.
Je suis obligée de m'incliner, mais cela ne changera en rien mes déterminations.
Le Directeur.
Arsène, un dernier mot. Vous avez une vieille mère qui est dans l'affliction la plus profonde. Songez à la joie immense qu'elle éprouverait si vous parveniez à vous disculper au moins en partie, et peut-être à trouver le salut dans cette atténuation de votre acte.
Arsène.
Monsieur, je vous en supplie, ne mettez pas mon courage et mon cœur à une trop pénible épreuve. J'en soriirais cruellement déchirée, mais tout aussi inébranlable dans mes résolutions. Par piiié, rendez-moi ce service.
Le DlRECTEU.-l.
Pauvre enfant ! J'obéis et vous laisse à vousmême.