‹ Rideau a huit heuresChapitre 42 sur 75 · ACTE II, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IX

demoiselle Lucile Saint-Ange, de l'Eldorado de Paris, actuellement en représentation au caféconcert de Riom, a yant remarqué à la vitrine d'un libraire la photographie de Marcel, m'a confié qu'elle reconnaissait parfaitement celui-ci pour l'avoir vu, dans la nuit du 6 au y juillet dernier, descendre avec précaution, au petit jour, du balcon d'une maison formant l'angle de la rue de l'Evêché et de la place de la Ferronnerie. Je vous transmets ce renseignement sous le sceau du secret; la demoiselle Saint-Ange désire n'être pas appelée en témoignage devant la Cour d'assises à cause des explications qu'on pourrait lui demander sur sa présence matinale dans le voisinage. » — Eh bien ?

NOUVION

La maison à balcon qui fait l'angle de la rue de l'Evêché et de la place de la Ferronnerie, maison qui joint immédiatement la nôtre, est celle de Savine. Savine était avec moi à Clermont le 6 et le 7 juillet.

Madame Nouvion.

Eh bien?

Nouvion.

Marcel Froissy avait donc, en l'absence de Savine, passé la nuit dans sa maison, et c'est l'amant de Madame Savine qu'Arsène Réaux aura tué pour punir la trahison de son fiancé.

78 ARSENE REAL' X

Madame Nouvion.

Comment pouvez-vous croire? Marie est coquette, un peu légère peut-être, mais de là à juger qu'elle soit capable...

Nouvion.

Ce n'est pas sur ce seul indice et sur un témoignage suspect peut-être que je voudrais l'accuser, mais l'indice et le témoignage suffisent pour que je ne puisse exposer Savine à prendre en mains la cause d'Arsène Réaux dans de telles circonstances. Ce serait abominable. Je conserve le mandat qui m'a été confié et c'est moi qui défendrai Arsène. Madame Nouvion.

Cependant...

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