SCÈNE PREMIÈRE NOUVION, PONGIBAUD
[Nouvion est à sa table de travail.)
PONGIBAUD.
Otii, moa cher, c'est décidé, je renonce à la province et mets le cap sur Paris. Ces messieurs de la presse qui sont venus pour la grande affaire m'ont tous remis leurs cartes, en me suppliant de ne pas les ménager. Il y a surtout le petit (comment l'appelles-tu ?j de ['Evénement; je me souviens, c'est Cantinard. Tu as dû remarquer son amour de femme, madame de Salbris, Cléopàtre dans l'intimité, une étoile des Bouffes du Nord.
82 ARSENE REAUX
Elle était au premier rang et sanglotait pendant ta péroraison. Tu n'as pas remarqué?
NouvioN.
Non.
PONGIBAUD.
Elle a promis de me lancer. Je crois, entre nous, qu'elle ne tient pas extraordinairement à Cantinard, et que si je voulais... Ce serait un fier début. Mais tu n'écoutes pas.
NouviON.
Je l'avoue. Il y a ce dossier dans lequel il faut que je me retrouve. Une affaire très difficile.
PoNGlBAUD.
Bast. Y a-t-il des affaires difficiles pour toi, après ton magnifique succès et le gain d'une cause que tout autre aurait perdue ? Il fallait entendre ces messieurs. On parle du barreau de Paris. Personne n'aurait eu cette éloquence convaincue, cette émotion entraînante. Le brigadier de gendarmerie avait tiré son mouchoir.
NouvioN.
Assez, je te prie.
PoNGIBAUD.
Non, non, tu es une des gloires du département. Et avec cela une modestie. Après le verdict du jury qui déclarait Arsène Réaux non coupable, tu semblais presque embarrassé de ton triomphe. On l'a même trouvé une attitude sinoulière