‹ Rideau a huit heuresChapitre 48 sur 75 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

son abattement. Le docteur Etienne qui la soigne a constaté cependant, encore hier, qu'aucun organe n'était atteint.

Madame Savine.

Oh! je crois le mal plutôt moral. Vous êtes bon pour elle, mais...

Quoi?

Madame Savine.

Tenez, mon mari qui n'a pas votre esprit et votre talent (je ne me fais pas illusion), m'aime autrement, plus...

NouvioN.

Comment ?

Madame Savine.

Cest difficile à expliquer. Comprenez-moi, si vous pouvez. Voyez-vous, on a fait beaucoup de livres sur la femme, mais c'est encore ce qu'il y a de moins connu dans la création, surtout pour le mari. Et puis Louise a, je crois, sur le cœur l'intérêt extraordinaire que vous portez à celte demoiselle Réaux. Vous l'avez fait acquitter, quoique, à notre avis, elle ne le méritât guère; mais votre femme espérait au moins que l'affaire terminée, tout rapport cesserait entre vous. Or il paraît qu'il n'en est pas ainsi et que vous continuez à la voir.

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NOL'VION

Je n'ai pas à m'en défendre. Après toutes les angoisses que cette malheureuse enfant a endurées, pouvais-je l'abandonner brusquement lorsqu'à toutes ses autres épreuves venait de s'ajouter la mort subite de sa mère qui n'avait pu résister à l'émolion de son acquittement? Et puis, j'ai une raison personnelle d'agir comme je le fais. Si le procès est fini pour la justice, il ne l'est pas pour mci. Je veux aller au fond de l'assassinat de Marcel Froissy. Dites-moi, madame, quand vous avez appris cette mort violente, n'en avez-vous pas été troublée ?

Madame Savine.

Moi? Pourquoi donc cela? Comme tout le monde.

NouvioN.

Vous ne le connaissiez pas?

Madame Savine.

Nullement.

NouvioN.

Vous ne l'aviez jamais vu ?

Madame Savine.

Jamais.

NouvioN.

Bien vrai ?

Madame Savine.

Mais sans doute. Vous êtes sinçrulier, ce matin.

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