SCENE VII
(Un tableau représentant. le bois et la campagne.)
MaAXIME LéÉPINE ET BAPTISTE VENDAL entrent.
MaxIME LÉPINE. C’est épouvantable ! Comment faire pour endurer toutes ces tracasseries révoltantes dont ces protestants et ces orangistes se plaisent à remplir le pays ?
VENDAL.—Le mécontentement de nos concitoyens augmente à vue d'œill L'agitation des esprits est si croissante, qu’il me semble qu'un recours à une prise d'armes est: inévitable !
MaAxIME LÉPINE.—Hélas ! les: jours de notre existence comme peuple sont-ils. comptés. ?.. Pourtant nos ennemis ne peuvent pas, réussir à nous assujétir et à nous faire mourir! Ne sommes-nous pas revêtus de l’armure invincible du droit? Nos mains ne sont-elles pas armées. du glaive de la jnstice ?
VENDAL.—La justice! Le droit, pour. nous, Maxime ! Il n’y en a plus aux yeux de nos misérables et barbares tyrans.
MaxIME LEÉPINE.- Quad donc Riel va arriver ?
Il ne doit pas être loin, maintenant. Il va juger si nous devons prendre les armes ou si, par une agitation eonstitutionnelle, nous pouvons obtenir une solution pacifique des graves pro-
blèmes qui lui seront soumis, concernant la déchéance ou la liberté d’un peuple tyrannisé ar un pouvoir servant d’instrument à la secte a plus vile et la plus détestable aux yeux du monde chrétien.
VenpaL.—C'est ce que j'espère! sans plus de retard, ce serait mieux que nous irions à la rencontre de ce grand patriote. (J{s sortent.)