‹ Riel [microforme]Chapitre 44 sur 86 · INE ET , RIEL · texte numérisé non relu

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frères leur héritage paternel, que vous avez fait reconnaître et proclamer les droits des :enfants du sol, que vous avez doté votre pays natal d’institutions égales par l’ampleur des libertés et par la perfection de la forme, à celles de la métropole.” (Paroles de ‘‘ L'Etendard”” de Montréal.)

De plus, elle dira que, dans cette œuvre mémorable, vous avez été aidé par les apôtres de la foi, qui ont droit à ce qu’on les Appelle, eux aussi, Îles ‘* principaux artisans des libertés ‘ civiles et des franchises politiques du Mani- ‘€ toba.” (£4. de M.)

Aujourd'hui, nous comptons sur votre sagesse et votre habileté pour obtenir d'Ottawa l'octroi de notre charte politique. Si pour nous faire monter au sommet de la plénitude de nos droits civils et politiques, vous jugez nécessaire de nous engager dans la voie de l’effusion du sang, nous sommes prêts à répondre à votre appel. D'un autre côté, si, à l’encontre de notre extrême indignation, vous croyez devoir nous donner une impulsion nouvelle dans la voie des pétitions, nous sommes à vos ordres.

Maxime LÉPINE.— Quelles concessions pouvons-nous obtenir d'Ottawa ? A quoi vont nous servir de nouvelles requêtes? Depuis 45 ans, des pétitions collectives sont expédiées au gouvernement, et nous n’avons pas encore de réponse.

Presque tous les colons sont allés individuellement porter leurs plaintes et adresser leurs demandes aux employés des bureaux du gouvernement canadien, dans cette province. Comment nous ont-ils invariablement répondu. Si nous leur parlions en français, ils nous tournaient le dos en laissant tomber de leurs lèvres britan-

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niques et dédaigneuses, ces mots caractéristiques de la race supérieure : Z don't understand. Si un de nous s’adressait à eux dans leur langue officielle, ils lui disaient: Il nous est regrettable de vous a -noncer qu’il est impossible de. donner suite à . 5 demandes, attendu qu’une application antérieure a été faite à Ottawa pour le même terrain, par une autre personne, Ainsi donc, à Ottawa et ici, à côté de nos réclamations, silence, mutisme, despotisme et dénis de justice constants. Nous avons demandé aux ministres de la capitale de faire arpenter nos lots tels qu’ils sont et ils ne nous ont pas encore accordé ces arpentages. Les terres qui nous appartiennent en vertu de tout droit, ils nous obligent à les acheter,.. et,.. à conspiration infernale !... lorsque nous nous présentons aux officiers subalternes du gouvernement, pour nous mettre en sécurité contre toute dénégation de nos droits les plus inviolables, ils examinent sur le plan, la condition de nos terrains, et, s'ils la trouvent trop avantageuse, ils ont l’audace de nous déclarer qu'une application antérieure a été faite par une autre personne. :

Nous avions des places à foin, des communes et des endroits de pacage pour nos chevaux et nos bestiaux, et les tyrans d'Ottawa se sont permis de nous en priver! Nous avions des terres. à bois, et ces criminels représentants de l'autorité canadienne nous les ont ôtés, et nous imposent un impôt spécial ou nous coutraignent à acheter un permis pour nous procurer le bois dont nous avons besoin. Je me borne là à lever un peu le coin du rideau, en arrière duquel se cachent les atrocités sans nombre, qu’un gouvernement pré-

ristiques stand. Si ir langue egrettable de. donne applipour le e: Ainsi imations, le justice dinistres els qu’ils ordé ces nent en les ache-

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varicateur laisse et fait accumuler pour notre ruine.

Je pose maintenant celte question pratique.

Qu’avons-nous à attendre d’'Ottaw£7 Comment voulez-vous qu’un gouvernemeut qui a forfait à l'honneur en venant s'installer au Manitoba, au mépris des engagements les plus solennels, n'ait pas tout intérêt à se montrer sourd à nos prières ? Se rappelle-t-on les arrangements qu'en 1870, il a conclu avec les délégués métis du Manitoba? A-t-il rempli les obligations du traité, lorsque la proclamation d’une amnistie qu’il nous avait promise est encore dans le domaine des choses futures? A-til observé les clauses du traité, lorsqu’après avoir expulsé du Parlement ce grand patriote, il a eu assez de bassesse pour le bannir ? N’a-t-il pas foulé aux pieds l’inviolabilité du traité, lorsque, n'ayant

as réussi à faire monter sur l’échafaud mon rère Ambroise, il l’a envoyé en exil, privé pour toujours de ses droits politiques. Ne s'est-il pas moqué du traité, lorsque les serips, les titres, les lettres patentes qui devaient être accordés dans le Manitoba, ont été traînés si longtemps en langueur.

OUELLETTE.—C’est le temps de dévoiler aussi comment la Puissance du Canada a tenu compte, par rapport à moi, des stipulalions de 1870.

J'ai demandé à Ottawa et aux bureaux de ses agents, les scrips d’un de mes enfants défunt et de mes vieux parents, et on s'est toujours obstiné à me les refuser, me disant qu'ils avaient été volés.

MaxIiME LÉPINE.— Voilà encore une preuve de la malveillance insurmontable du ministère fédéral !

Riez.—Mes bien-aimés compatriotes, je vois bien que nos ennemis ont déjà porté des atteintes mortelles à la sécurité de nos demeures. Nous sommes réellement traités comme des parias.

Qu’avons-nous fait? Est-ce un mal pour nous, de respirer et de vivre ? Est-ce un mal pour nous d'avoir une patrie qui nous a vus naître, grandir, prospérer dans la voie de la justice ? Non, puisque la justice mène les peuples au sommet de la grandeur. Pourquoi donc nos ennemis, sous Ja tutelle d'un gouvernement égoïste, persistent tant à nous disputer nos droits, nos privilèges, notre liberté ? Est-ce parce que nous ne sommes pas nombreux? Mais la force de nos droits ne se mesure pas sur la faiblesse de notre nombre ! Courbés sous le poids des ini-

uitéset des calamités, qu’avons-nous à faire ?

épondant à votre appel, j’assume une charge dont la responsabilité me paraît terrible ! C’est pourquoi, dès maintenant, je vous conseille de ne pas renoncer aux éléments de l'ordre.

Croyez-moi, je suis venu ‘‘ passer quelques ‘“ mois parmi vous, dans l’espérance qu'à force ‘€ d'envoyer des pétitions, nous obtiendrons du ‘ gouvernement, le redressement . de tous nos ‘ griefs.” Mes bons amis, réfléchissez et vous serez convaincus qu'il vaut mieux pour nous tous de ne pas penser encore à la guerre. C'est dans cette conviction que ‘‘ j’ai traversé les lignes, ‘< sans armes et sans munitions, emmenant avec moi ma femme et mes enfants.” Allons! bon courage et mettons-nous à l’œuvre. (/{s sortent tous.)

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