SCENE VII
Les MÊMES, SRERWOOD ET LE SHÉRIF CHAPLEAU.
RIEL (en les voyant entrer, s'avance vers eux).— ‘* Eh bien, comme cela, vous venez avec la ‘ grande nouvelle ! j'en suis bien aise.”
CHaPLeAU.—Mon pauvre ami, il m'est pénible de vous annoncer que M. Sherwood vient d’arriver avec l'arrêt de mort.
RIEL.—t* Je suis heureux d'apprendre qu'en- ‘« fin je vais être débarrassé de mes souffrances.” Je vous remercie pour toutes les bontés que vous avez tuujours eues pour moi. ‘‘ Je désire ‘“ que mon corps soit remis à mes amis, pour ‘4 être enterré à St-Boniface, dans le cimetière ‘6 français, vis-à-vis du
ChAPLEAU.—A vez-vous quelque chose à nous communiquer par rapport à vos propriétés ?
RiEL.—‘* Mon cher, je n'ai pour tout bien ‘ que ceci, (4{ met la main sur son cœur) et ceci ‘6 je l'ai donné à mon pays, il y a quinze ans; ‘ et c’est tont ce qui me reste maintenant.”
CHAPLEAU.—Nous n'avons pas de doute que vous avez réglé, comme il faut, toutes les affaires de votre conscience.
RieL.—‘t Il y a longtemps que j'ai fait ma ‘€ paix avec mon Dieu ; je suis aussi bien pré- ‘“ paré maintenant que je puis l'être cu aucun ‘ temps. Vous trouverez que j'avais une mis- ‘“ sion à remplir. Je vous prie de remercier ‘‘ mes amis de la province de Québéc de tout ‘t ce qu’ils ont fait pour moi.”
C'AAPLEAU.— Avez-vous peur de mourir ?
RieL.—tt Je suis content de quitter ce monde, ‘“ On me permettra de dire quelques mots. sur ‘ l'échafaud ?”
Cnaezeau.—Nous n'avons pas d’objection du tout, mon bon ami.
RieL.—‘: Vous supposez que je pourrais par- ‘4 ler trop longtemps et que cela me fatiguera ? ‘ Oh! non, je ne me trouverai pas faible, je ‘“ sentirai lorsque le moment viendra, que j’au- ‘ rai des ailes qui m'enlèveront là-haut, Per- ‘ mettez-moi de vous déclarer franchement que ‘ jusqu’à mon dernier soupir, j'aurai toujours ‘“ pour mes amis de la reconnaissance et que je ‘“garderai pour eux le plus doux souvenir. Adieu ‘6 mon ami.” (Z/ tend la main au shérif.)
(Le dialogue de cette scène est tiré, en partie, de La Presse de Montréal.)