SCENE XII
ALBERT seul.
ALBERT.—Combien Regina va devenir remarquable ! Cette petite ville offre le spectacle Île plus émouvant ! Elle est témoin d’un fait qui. ne s’est jamais produit sous le ciel de, notre. patrie ! Elle voit surgir la gloire la plus écla- : tante de l’ignominie la plus humilianté. Elle voit Riel recevoir la couronne d’immortalité sur, un échafaud élevé par les mains de l’orangisme,. l’ennemi le plus acharné de la civilisation chrétienne. La potence sur les hauteurs de laquelle Riel se tient debout, tout rayonnant de gloire et de beauté, devient toute resplendissante sous les flots lumineux que la sainteté de ce martyr répand sur elle. La trappe fait surgir un espace, qui apparaît comme un gouffre illuminé, où notre chef bien-aimé est englouti ! Riel vient de nous quitter ! Riel, le libérateur de tous les Métis, vient de monter sur un gibet dont Île cortège d’aspect sombre, d'horreur, de déshonneur et de honte a cédé le pas au cortège de lumière éblouissante, de beauté éclatante, de gloire pure et de sainteté frappante. Oh Riel? Vous étiez si admirable dans toutes les vertus!
ui font de vous un si illustre patriote ! Pourquoi onc l'ennemi vous a-t-il arraché si violemment
des bras de la patrie ? Ah! il a pu exercer sur vous la force brutale en vous privant du don de
la vie ! Mais vos œuvres immortelles sont là
comme des monuments impérissahles qui couvriront de honte vos bourreaux, en proclamant leur impuissance et leur lâcheté.