SCENE VI
(Marguerite, Parenteau sur un dés côtés du thédtre.er qui fera comme s'il u'était pas vu d'elle.)
MarGuERITE.—Je vais aller me promener dans le bois. L'ennui m'accompagne partout !
Oh ! quelle belle et charmante petite rivière ici! J'entends le doux murmure de ses eaux ! Cette brise fraiche qui caresse le feuillage! ce chant imélodieux dè tous ces oiseaux, qui volent de branches en branches! ce beau firmament bleu et cet astre brillant du jour! que j'aime à contempler toutes ces beautés de la nature et & écouter ses harmonies qui tharment mes oreilles. Oh! que je trouve bonne la mélancolie qu’elles révgillent en moi! L’ennui que j'éprouve pour
on cher amant exilé semble s’y reposer.
» PARENTEAU (/ s’avance vers Marguerite). —Mademoiselle Marouerile, vous me paraissez bien réveuse äujourd’hui, Avez-vous en des nouvelles de Louis dernièrement? .
MarRGUERITE.— Non, pas depuis quelques semaines. Pourtant il avait coutume de m'écrire souvent.
PARENTEAU.—J'ai la douleur de vous annoncer que notre pauvre ami Riel est à l'asile de la
Longue-Pointie, près de Montréal. de vous assure que cette nouvelle me cause beaucoup de peine.
ManGueniTe.— M. Parenteau, je n’en suis pas surprise : je m'y attendais. Ses lettres m'ont souvent dénoté une si grandé surexcitalion de son cerveau qu'il n'est pas étonnant qu’elle lui ait fait perdre l'équilibre de ses facultés mentales. Mais je suis certaine que ce jeune héros sortira avant longtemps tout à fait guéri. C’est le repos qui lui faut.
PARENTEAU.— Vous ayez raisou,'et c’est ce que je souhaite pour vous d'abord et pour nos frères. Mademoisel e Marguerite, j'ai vu, tout à l'heure, un homme qui m'a l'air d'un mauvais garnement. J'ai lieu de craire que cet inconnu, désireux d'avoir les 5,000 piastres prouises et ignorant encore l’exil de notre valeureux chef, cherche à le "rencontrer pour le tuer. (/{ regarde.) Eh! je le vois venir. Cachons-nous afiu de nous assurer qui il est... il parle.. écouions et
pe nous laissons pas voir. (/ls /ont semblant de se cacher.)