SCENE III
RIGOBERT, puis LE MARQUIS.
RIGOBERT, Seul.
Est-ce que je ne tiendrais pas mon bon accident ? mes affaires devraient marcher comme sur des roulettes , tandis que... il me semble pourtant que j’ai eu tout ce qu’on peut désirer de plus fatal, à moins d'être pendu tout-à-fait. Mon oncle se serait-il trompé?... la mort qui planait sur lui avait peut-être déjà paralysé son intelligence... Oh ! je serai fidèle au comte.
LE marquis , a pari , en entrant par la deuxième
porte a droite.
M. de Saint-Pons n’est pas encore de retour... aurait-il échoué ?
RIGOBERT, à part.
Ma victime !
LE MARQUIS, à pari.
Sans celte femme je ne puis combattre le bouffon... gagnons-le. {Haut.) Tu dois débiter sur mon compte une foule d'impertinences...
Oh! monseigneur, soyez persuadé...
LE MARQUIS
11 est inutile de nier; je sais tout... Combien M. de Cardonelli paye-t-il tes services ?
Rien.
LE MARQUIS
Tu mens... Le comte est un ladre... le quintuple la somme qu’il t’a donnée ou promise, si tu veux me laisser en repos et le battre en brèche, lui.
Le trahir I... impossible!
LE MARQUIS
Est-ce ton dernier mot?
Certainement.
LE MARQUIS
Prends garde! réfléchis encore...
Je n'ai qu’une parole.
LE MARQUIS
Tu te repentiras de ne pas avoir accepté ma proposition.
Les fous ont la parole libre.
LE MARQUIS
Oh ! c'est un défi... je l’accepte... Moi aussi, je n’ai qu’bne parole, et je jure que tu mourrait... Le prince t'a dit qu’il te renverrait à la potence dès que tu cesserais de le faire rire... j’avais oublié cela ; mais je me souviens maintenant. Je m'arrangerai de manière à ce que, en dépit de toutes tes bouffonneries, le prince ne puisse pas rire... Tu verras !
Il sort par la poche.