‹ RigolettoChapitre 42 sur 44 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

RIGOLETTO, peu après LE DUC.

RICOLETTO.

Enfin, c'est lui!

Lui mort ! bien mort!., ô ma vengeance ! Tu triomphes! ô joie immense!

Hommes, regardez-moi !..

De vil honfTon je tieviens roi.

(Allant prendre le fardeau, qu'il traîne vers la rivière à travers robscurité.)

Viens ! le démon aura sa proii; !

Viens !.. à lui c'est moi (|ui l'envoie. .\u fleuve ! au tleuve! il sera ton cercueil. 0 mon beau gentilhomme ! un sac est ton linceul!

(il revient un instant sur la scène. — Pendant ce temps, ou voit le duc qui s'éloigne par le lond.)

Viens aonc ! viens donc !

LE DUC, chantonnant dans le lointain.

Comme la plume au veut, etc.

40 niGÛI.ETTO.

RICÛI.KTTO, s'.iirèîant stupéfait.

Sa voi\ !.. ai-jc nios sens, saints anges; Sa voiv!.. cost lui!., quelles terreur? ^Urnngcs! Ma^^ il est là, pourtant... Je sens im corps humain... Iiitrte sons ma main.

(Il elécn;rc le drap et recule d'horreur en poussant un cri terrible. — La luiic vient en ci' rao:r.cat éclairer le corps de Gilda, qui s'est dressé sur le liord du fli'Uïe.)

Ma fille '.. oh ! Dien du ciel I non, non ! c'est impossibl'î C\sl uno vision iasinisée et trrribic.

Ce n'est pa- lui, ma Gilda, mon trésor? Réponds- moi... parle encor î

(Allant à la porte.)

A nviil de l'aide!

(novcnar.t à sa fille.)

0 mon ange ! ô ma reine 1

GILDA.

Laissez-moi. Je respire à peine...

Déjà la mort glace mon cœur.

Non pas! tu vivras. Oh ! Seigneur, Soigneur, lai-sez-la vivre I De terreur mcin ànie est ivre...

G'LDA.

C'est toi, bon père?..

Oui... ne meurs pas; Di.s-moi qui t'a frappée... Oh! maudit soit son bras 1

GILDA.

Ne maudis plus... point de blasphè.me; Je meurs... pour lui .. pour lui que mon cœur aime...

Moi, je t'absous et bénis mon enfant.

0 mon doux ange ! ô ma fille chérie!

Demande à Dieu de conserver la vie.

GILDA.

Je vais au ciel où ma mère m'attend.

DénisS'jz donc voire fille, ô mon père ! i^our que là-haut, près de ma sainte mère, J'aille prier pour vous deux, ici-bas.

N'on, reste-moi; je suis seul sur la ti.'rre. Mon doux Irésiir, oh! ne me quitte pas !

Morte!., elle est morte!.. Enfer! démon I

Ah! c'est la malédiction !

(il tombe évanoui sur le corps de sa fille.]

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