KIRSCHWASSER
A Monsieur Maurice Boiselle.
J'adore ton parfum, liqueur du cerisier, C'est de lui seulement que mon cerveau s'enivre, Car je ne te bois point et n'ai besoin, pour vivre, Qued'air pour mes poumons et d'eau pour mon gosier.
Mais la cause surtout, pour laquelle je t'aime, C'est que je suis un peu ton père nourricier : Un alambic t'a mis au jour sous mon hallier, Et moi je t'ai tenu sur les fonts de baptême.
A ces titres, tu dois m'être doublement cher!
Aussi la terre qui fut ici ta marraine
Jamais ne t'adressa qu'un seul reproche amer :
Kirschwasser, fils de la plantureuse Lorraine, Depuis longtemps, ce reproche, tu le connais, C'est de ne pas avoir, en France, un nom français.