PERPÉTUEL HOMMAGE
Sonnet
A Madame Malgras, née Corinne de Mirbeck.
Sur l'existence, qu'à tout âge elle parfume, La femme, par les sens ou son charme idéal, Esclave ou libre, exerce un pouvoir sans égal, Et sans cesse son nom est au bout de ma plume,
On la veut fuir en vain, les désirs qu'elle allume Enflamment le Français comme l'Oriental, Ses lèvres ou son cœur sont un besoin fatal Dont la perte à jamais laisse un regret posthume.
A nos côtés elle siège toujours :
Présente, on lui raconte ses amours; Absente, elle est comme un soupir des choses.
Espérance ou souvenir de bonheur, Jeune, on lui jette en pâture son cœur, Devenu vieux, on lui porte des roses.
19 juillet 1899.