PORT SAINT-FRANÇOIS
Aux cousines Curon, Nicolet. P.Q.
Ç'est un coin perdu du monde Aux ombrages verts, épais, Là, dans une paix profonde
L'oubli fait place aux regrets.
Sous les ormes séculaires, Que de gais, menus propos, Que d’éclats de voix bien chères
Font retentir les échos.
J'aime la route sévère Où l’on s’en va deux à deux ; Et l'étang et la rivière,
Tes o1.1es majestueux.
J'aimerais couler ma vie, En ce champêtre séjour,
Et chanter sans autre envie
La nature avec amour.
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La Source
O source limpide et pure, J'aime ton chant cristallin
Qui réjouit le ravin
Et qui charme la ramure.
Que j'aime ton doux murmure !
Qui parle si doucement
À mon pauvre cœur d'amant,
O source limpide et pure !
Dès l’aube, quand je m'éveille, À ma fenêtre, je vais
Écouter le chant si frais
De ta voix pure et vermeille.
O ma source sans pareille
Mon cœur est endolori,
Verse un peu d'espoir eni lui,
Dès l'aube, quand je m'éveille.
O source, ma confidente,
Si la fille aux blanches mains, Cause de tous mes chagrins Vient sous la forêt tremblante, Dis-lui qu’elle est bien méchante, De me rendre malheureux, Plains-lui mon sort douloureux,
O source, ma confidente.
Apprendre à vous connaître, Ô femme ! est une étude, Où trop souventes fois l’homme y perd son latin ; Vous êtes le mystère et c’est votre habitude
D'offrir à nos regards un problême sans fin.
Aujourd’hui, vous avez dans les yeux un sourire, Demain, y perlera la tristesse ou des pleurs : Aujourd’hui, vous aimez avec un fou délire, Demain, en souriant, vous briserez des cœurs.
O femme ! votre cœur est un cénacle étrange !
La haine et la bonté s’y mêlent à la fois :
En amour, vous avez le dévoñment d’un ange, Dans la haine, malheur ! au cœur entre vos doigts,